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La semaine gourmande de Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Peladeau
Chantal Poirier / Le Journal

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Lorsque j’étais chef exécutif du Club St Denis, dans les années 90, un club privé que les gens d’affaires de l’époque fréquentaient assidûment, Pierre Péladeau venait y manger presque tous les jours... avec ses amis, ses clients ou en famille.

Pierre Karl, lui, plus discret, s’installait seul au bar et prenait un lunch en lisant les journaux.

Vous vous imaginez bien qu’à ce moment-là, je ne me doutais pas un seul instant que je deviendrais chroniqueur culinaire au Journal de Montréal et que je serais aujourd’hui devant un homme d’affaires devenu récemment un homme politique.

C’est donc un peu amusé par cette histoire que j’ai souhaité rencontrer celui qui fut d’abord un client, puis mon patron et qui aspire aujourd’hui, l’histoire nous le dira, à devenir premier ministre du Québec.

Nous avons parlé de tout, même de politique, puis le naturel est revenu au galop, puisque la nourriture, c’est aussi ce qui définit un peuple et sa culture.

Monsieur Péladeau, avez-vous des projets pour le Québec dans le domaine de l’agroalimentaire?

«Ça ne sera pas une surprise pour vous si je vous dis que je préconise la souveraineté alimentaire, la préférence nationale. Je suis un inconditionnel des produits du Québec. Faire également en sorte de protéger notre environnement, d’aider les producteurs, les artisans, de favoriser l’exportation... Nous avons tellement de potentiel!»

Avez-vous des attentes?

«Des souhaits surtout. Prenons les quotas de pêche. Aux Îles de la Madeleine par exemple, ils ont très peu de temps de pêche au sébaste, 500 tonnes sur un quota de 2000 tonnes, mais pendant ce temps-là, le gouvernement fédéral donne la permission à d’autres provinces de venir pêcher avec des bateaux-usines sur leur territoire. Mettez-vous à la place des pêcheurs des Îles de la Madeleine ou de la Gaspésie qui se font spolier leurs pêches et qui en plus, se font couper leurs prestations de chômage parce qu’ils n’ont pas assez de jours travaillés. Je souhaite que ça change!»

Je sais que vous ne mangez pas de viande, ça fait longtemps?

«Je n’ai pas toujours été végétarien. D’ailleurs, je ne le suis pas vraiment, puisque je mange du poisson et des fruits de mer. Chacun a ses raisons, mais c’est vrai que ça m’interpelle. Petit à petit le monde change, les gens sont de plus en plus sensibles à leur alimentation.»

Êtes-vous un gourmand?

«Si je me fie à ce que je suis en train de manger en ce moment avec vous, une belle assiette de fruits de mer, de légumes et de poisson, je vais dire oui, parce que c’est très bon, mais je ne suis pas un grand expert. Il m’arrive même parfois de sauter un repas, surtout le matin, je sais que ce n’est pas bien. Mais ce matin par exemple, c’est moi qui ai préparé le petit-déjeuner des enfants et j’ai mangé avec eux, mais mon repas préféré, c’est le soir, en regardant les informations.»

Donc, si je comprends bien, je ne vais pas vous demander de me donner une recette et de la partager avec les lecteurs du Journal de Montréal.

Il part à rire.

«Lorsque j’étais adolescent, je voulais une mobylette. Mon père a dit: “pas de problème, tu vas devoir travailler pour te la payer.” Vous ne le savez peut-être pas, mais jeune garçon je travaillais dans des restaurants pour me faire de l’argent, acheter une mobylette et aller retrouver ma petite amie à Montréal. J’ai fait la plonge puis la cuisine dans un petit restaurant à St-Sauveur, j’ai beaucoup aimé cette période.»

C’était quoi comme cuisine?

«Bien simple. Burger, salade, volaille... Mais j’ai aussi travaillé dans d’autres restaurants plus élaborés. Pour la petite histoire, les parents d’une amie d’enfance avaient un restaurant à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Tout le monde connaît aujourd’hui le fameux restaurant Bistro à Champlain de Champlain Charest et cette jeune amie d’enfance, qui est sa fille, c’est Marie-St Pierre, la designer. J’ai même été serveur dans des restaurants à Montréal et ma collègue de service était Josée Blanchette, maintenant journaliste au Devoir. Ça aussi, j’ai adoré travailler avec elle, nous avons de bien bons souvenirs de cette période.»

Votre plaisir coupable?

«Les fromages! Ceux du Québec principalement, j’en mange même un peu trop selon moi, mais c’est tellement bon.»

Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter dans les prochains mois?

Ce fut ma dernière question, alors que son attachée politique arrive à la table. Il la regarde et dit: «Thierry veut savoir le menu du mariage.»

Nous rions en cœur.


Notre rencontre a eu lieu au restaurant Ibiza

90, rue de la Gare

Saint-Jérôme J7Z 2B8

(450) 504-4841


INVITÉS POLITIQUES

  • Pierre Karl Péladeau est le premier des candidats à la chefferie du Parti Québécois que notre chroniqueur Thierry Daraize rencontre dans le cadre de cette chronique. Dans les prochains mois, il compte rencontrer tous les candidats déclarés à la course à la succession de Pauline Marois. Les politiciens François Legault et Leo Bureau-Blouin ont déjà été invités à sa table. Quand l’actualité s’y prêtera, notre chroniqueur invitera aussi des politiciens fédéraux et provinciaux de toutes les allégeances.