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Science pour tous ?

Tous les gouvernements qui ont investi dans le savoir, les sciences et les technologies ont vu leurs efforts récompensés

Science pour tous ?

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Mais quelle mouche a donc piqué ce gouvernement? Son plus récent sacrifice sur l’autel de l’austérité? Couper dans la culture scientifique destinée aux jeunes. Les victimes : les éditions LD, qui publient, entre autres, le magazine Les Petits débrouillards, l’Agence Science-Presse et le Conseil de développement du loisir scientifique qui organise l’événement Expo-Sciences.

Cela peu de temps après l’épisode déso­lant d’un ministre de l’Éducation qui affirmait «qu’il n’y aurait pas un seul enfant qui allait mourir de cela» alors qu’il incitait les commissions scolaires à sabrer l’achat de livres destinés aux bibliothè­ques scolaires.

Faut-il rappeler à ce gouvernement que nous basculons d’une société post-industrielle à la société du savoir, axée sur le ­développement scientifique et la mise en valeur de la recherche?

À ce titre, sachant que l’économie québécoise tire de la patte lorsqu’il est question d’innovation et que les investissements en R&D sont des plus limités, on se serait attendu à plus de vision de sa part.

La science, c’est l’avenir

Et c’est payant. Tous les gouvernements qui ont investi dans le savoir, les sciences et les technologies ont vu leurs efforts récompensés. Ici même, au Québec, combien de diplômés, inspirés par ces diffuseurs de la culture scientifique que l’on cherche à faire taire, ont redonné à l’État chaque cent investi, soit en étant des sommités en recherche de pointe, en constituant leur propre entreprise créatrice d’emplois bien rétribués, ou tout simplement, comme payeurs de taxes et impôts?

De plus, chaque dollar investi dans la promotion de la science auprès de nos enfants permet au Québec de rayonner partout dans le monde lorsque ceux-ci obtiennent leur diplôme.

Femmes de sciences

N’oublions pas que des magazines comme Les Petits débrouillards et Expo-Science ont aussi permis aux femmes de s’intéresser au monde des sciences et des technologies, et de s’illustrer comme égales des hommes. Une ­semaine après le 25e anniversaire de Polytechnique, alors qu’on célébrait ces femmes qui se distinguent dans l’univers des sciences, quel affront que ces coupes.

D’ailleurs, le lauréat du prix Jeune innovateur à la dernière Expo-Sciences est une jeune fille du cinquième secondaire qui a conçu «une machine d’hémodialyse simple et peu coûteuse faite à partir de composants facilement disponibles et prêts à l’emploi, le but étant de rendre la dialyse rénale accessible aux patients». Quelle extraordinaire contribution pour le Québec si le projet de cette jeune fille venait à être commercialisé!

Inquiétude

Le gouvernement et son ministre reviendront-ils sur leur décision? C’est à souhaiter. Car les dernières déclarations de son attaché de presse sont inquiétantes: «Les budgets ne sont pas coupés, affirmait-elle. Nous préférons rejoindre un plus grand nombre de jeunes en améliorant davantage les maillages entre les étudiants des établissements d’enseignement et les entreprises.» Lorsqu’on déco­de un tant soit peu ce jargon de bureaucrate, on comprend que le ministre entend s’en remettre aux demandes de l’entreprise privée pour promouvoir la culture scientifique auprès des jeunes.

Quand on sait que le ministre Daoust remet aussi en question sa Politique nationale de la recherche et de l’innovation (PNRI), qui date à peine d’une année et qui avait été accueillie positivement par l’entreprise et le milieu de la culture scientifique, on ne peut qu’être inquiet. Et se poser la question: austérité ou dogmatisme?