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Un virus a failli emporter une mère enceinte et sa fille

La petite Florence est née par césarienne d’urgence alors que sa mère a frôlé la mort

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Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier
  • Florence Marcil
  • 8 mois 
  • Montréal
  • Grande prématurée
  • Hôpital Royal Victoria
«Les médecins m’ont dit qu’ils comptaient sur les doigts d’une main ceux qui survivent aux poumons mécaniques. Ça change les perspectives. Je chéris les moments avec mes filles. »

- Amélie Bourassa 


 

La petite Florence a bien failli ne jamais connaître sa mère, qui est en vie par «miracle» après avoir contracté un virus qui aurait pu l’emporter durant sa grossesse.

«Les médecins ne comprennent pas comment je suis revenue. C’est un miracle. Je n’aurais pas dû survivre à ça», confie Amélie Bourassa.

Naissance dans le drame

Maintenant âgée de huit mois, Florence est arrivée au monde beaucoup trop vite, et dans un contexte cauchemardesque. La grossesse s’était bien déroulée, mais à la 28e semaine, sa mère a contracté un virus.

«J’ai commencé à être très fatiguée et à faire de la fièvre», se rappelle-t-elle.

Lors d’une consultation, son médecin de famille l’a envoyée à l’Hôpital de LaSalle, où elle devait accoucher. Après plusieurs examens, on lui a diagnostiqué une pneumonie. Or, malgré les antibiotiques, son état continuait à se détériorer.

«J’étais très inquiète, mais j’ai peu de souvenirs. J’avais tellement chaud à cause de la fièvre, j’avais l’impression de cuire par en dedans, dit-elle. J’étais certaine que j’étais en train de mourir.»

Le 21 avril, la mère a été transférée à l’Hôpital Royal Victoria, mieux équipé pour ces cas graves. La femme de 34 ans a été branchée sur les poumons mécaniques et a été placée dans un coma artificiel. À ce moment, son cœur battait à 20 %, et ses reins avaient cessé de fonctionner.

«J’avais deux petits quartiers d’orange qui fonctionnaient dans les poumons, le reste était tout blanc, explique la Montréalaise. Les machines me gardaient en vie.»

Césarienne d’urgence

Le 23 avril, les médecins n’ont eu d’autre choix que de faire une césarienne d’urgence.

«Ils ont dit à ma famille que je ne passerais probablement pas la nuit, et qu’ils allaient essayer de sauver le bébé, raconte Amélie Bourassa, qui a une autre fille de trois ans. Tout le monde capotait.»

C’est ainsi que la petite Florence est venue au monde, à 29 semaines de grossesse. À sa naissance, elle pesait 1,6 kilo. «Quand ils l’ont sortie, elle était toute molle et bleue, dit la mère. Ils l’ont mise dans un petit sac et l’ont amenée aux soins intensifs pédiatriques.»

D’ailleurs, Florence a dû être désintoxiquée des médicaments ingérés par sa mère. La petite a eu son congé le 12 juin, elle qui devait naître le 3 juillet.

Un adénovirus

De son côté, Amélie Bourassa est sortie du coma le 6 mai dernier. Les tests suivants ont montré qu’elle avait attrapé­­ un adénovirus. «C’est comme un rhume d’enfant, mais puisque j’étais enceinte, ça a tout compliqué.»

La mère a d’ailleurs rencontré sa fille seulement un mois après sa naissance, et a eu son congé le 3 juillet. Aujourd’hui, les deux se portent à merveille. Quant au fait que Florence soit une grande prématurée, la mère essaie de ne pas trop s’en faire.

«Elle va bien, c’est le principal. C’est certain qu’il y a des retards de développement, mais c’est normal pour elle.»