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J'ai vu le film «The Interview»

The Interview
REUTERS

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Au bout de deux semaines de “sortira, sortira pas”, Sony a donc décidé de faire un “cadeau” de Noël au public Américain en proposant The Interview sur différentes plateformes sur internet.

Après avoir suivi les rebondissements d’une saga où se sont croisés des cyberpirates, Sony, Hollywood, le FBI, Obama, George Clooney, Anonymous et Kim Jong Un, j’ai décidé de louer le film dès sa mise à disposition.  Un film que je ne serais pas allé voir au cinéma, attendant son arrivée sur iTunes.

Je viens d’en terminer le visionnement il y a quelques minutes et je me demande si en fait la Corée du Nord ( si c’est elle qui se cache vraiment derrière les menaces adressées à Sony) n’a pas voulu nous rendre service en empêchant la sortie d’un terrible, terrible, film. Pas parce qu’il est gênant pour Kim Jong Un mais complètement embarrassant pour toutes les personnes impliquées dans sa création.

Car en effet, il n’y a pas grand chose pour sauver The Interview.
Le scénario ? Vous en connaissez déjà les grandes lignes ( on peut même dire l’essentiel) : un présentateur vedette et son producteur sont recrutés par la CIA pour assassiner le leader de la Corée du Nord lors d’une entrevue. Le reste ? Un malhabile collage de scènes plus ou moins amusantes.
Et c’est d’ailleurs là que d’abord le bas blesse. The Interview est une comédie où on ne rit pas. Et les quelques rares sourires décrochés ici et là sont d’autant douloureux rappels que l’on s’ennuie ferme. Un sentiment exacerbé par une réalisation aussi créative que l’architecture des rues de Pyongyang : carrée et grisâtre.

Si Seth Rogen - qui fait du Seth Rogen - est supportable, James Franco rend presque impossible le visionnement du film. Son personnage d’animateur idiot, toutes dents en avant, est tellement caricatural qu’il en devient mauvais. Et irritant.

Dans ce naufrage titanesque, seul Randall Park surnage. Et c’est d’ailleurs le hic. Le comédien réussit à rendre attachant son Kim Jong-Un, joueur de basket, buveur de margaritas et fan de Katy Perry.

Personne ne s’attendait à ce que le film soit un chef d’oeuvre, je l’ai donc visionné en me demandant quelques étaient les scènes qui pourraient choquer la Corée du Nord au point de d’engager à un bras de fer sur le net avec les États-Unis.

Bien entendu, il y a celle de la mort par explosion de Kim Jong-un. Elle a été largement diffusée sur le net depuis quelques jours sans d’apparentes conséquences comme, par exemple, la sortie de nouveaux courriels piratés sur les serveurs de Sony.

Alors il y a le reste. Est-ce la nudité de  Kim Jong-un ? Ou bien cette scène où il se fait dans son pantalon après prétendu, dieu vivant, qu’il n’allait jamais aux toilettes ? Ou est-ce ce rapide plan où, entouré de prostituées dévêtues et après avoir consommé drogues et alcools, il embrasse sur la bouche le personnage joué par Franco ?

Quoiqu’il en soit,  ce soir Sony, Seth Rogen et James Franco peuvent remercier les pirates du net. Sans eux et les conséquences de leurs attaques, The Interview aurait terminé sa vie cinématographique au seul endroit que le film mérite : aux oubliettes.