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Raïf Badawi et Charlie Hebdo, même combat!

Raïf Badawi et Charlie Hebdo, même combat!

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SHERBROOKE | Plusieurs citoyens ont manifesté devant l’Hôtel de ville de Sherbrooke afin de dénoncer l’inaction du gouvernement canadien dans le dossier de Raïf Badawi, condamné à 1000 coups de fouets en Arabie Saoudite pour avoir tenu un blogue.

Raïf Badawi a reçu ses 50 premiers coups de fouet vendredi. Il a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans de prison pour un blogue sur la liberté d'expression en Arabie Saoudite. Ce pays avait pourtant dénoncé les attentats contre la liberté d’expression et l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

Une centaine de manifestants se sont rassemblés devant l'Hôtel de ville de Sherbrooke pour dénoncer le traitement fait à Raîf Badawi. Plusieurs brandissaient une pancarte « Je suis Raïf Badawi » et font le lien entre sa bataille pour la liberté d'expression et les attentats contre Charlie Hebdo. La femme et les 3 enfants de M. Badawi sont réfugiés à Sherbrooke depuis plusieurs mois. Trop affectés, ils n’ont pas voulu commenter les premiers coups de fouet contre Raïf Badawi.

« On trouve que tout le monde a le droit d'exprimer son opinion partout dans le monde. 1000 coups de fouet pour avoir pis une position politique, c'est exagéré. On est d'accord avec les positions exprimées par Raîf Badawi sur la liberté d'expression, mais aussi sur les droits des femmes. On trouvait important d'être là aujourd'hui pour lui exprimer notre soutien et on va continuer à inviter les gens à manifester», a déclaré Léa Smith-Lachapelle, qui avec deux de ses amies a fait signer 3300 cartes d’amnistie internationale dans leur école secondaire pour la libération de M. Badawi.

Amnistie internationale trouve inhumaine cette condamnation et craint pour la vie de M. Badawi. « Nous avons appris hier que M. Badawi recevrait ses premiers coups de fouet aujourd'hui. Nous craignons pour sa vie. On ne croit pas que quelqu'un puisse survivre à ce traitement, il ne pourra pas guérir d'une semaine à l'autre», a déclaré Mireille Elchacar d’amnistie internationale Estrie, qui défend la cause de Badawi et demande sa libération. « Le gouvernement du Canada n'a jamais répondu à nos demandes d'intervenir pour Raïf Badawi, sauf aujourd'hui où un communiqué a été émis pour condamner sa peine. Nous espérons que le Canada fera davantage pour exiger sa libération», a ajouté Mme Elchacar.

Arrêté en 2012 et accusé d'avoir insulté l'Islam et d'avoir appelé à la liberté de religion, le blogueur Saoudien Raîf Badawi a été condamné en mai 2014 à 10 ans de prison et à recevoir 1 000 coups de fouet, à raison de 50 coups par semaine tous les vendredis après la prière.