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Les islamistes nient tout, même l’évidence

Lazhar Aissaoui
photo hugo joncas Lazhar Aissaoui, directeur de l’école Dar Al-Iman, a signé l’acte d’achat lors de la dernière transaction de l’Association musulmane du Canada, en mai. Il nie faire partie de l’organisation et a menacé d’appeler la police lors du passage du Journal. On l’aperçoit ici en train de photographier notre journaliste avec son téléphone. Son avocat nous a ensuite fait parvenir une mise en demeure pour obtenir des excuses.

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«Il n’y aucune école musulmane ici appartenant à l’Association musulmane», assure Lazhar Aissaoui, directeur de l’établissement primaire Dar Al-Iman. Pourtant, selon le registre foncier du Québec, l’immeuble abritant cette école privée appartient à l’Association musulmane du Canada (AMC) depuis 2002.

Les responsables des organisations islamistes détenant des mosquées et des écoles subventionnées au Québec ont nié tous les renseignements qu’a rassemblés notre Bureau d’enquête à partir de documents publics.

«Il n’y aucune école musulmane ici appartenant à l’Association musulmane», assure Lazhar Aissaoui, directeur de l’établissement primaire Dar Al-Iman.

Pourtant, selon le registre foncier du Québec, l’immeuble abritant cette école privée appartient à l’Association musulmane du Canada (AMC) depuis 2002.

Lazhar Aissaoui assure qu’il n’a plus rien à voir avec cet organisme «depuis cinq ou six ans».

Pourtant, selon le Registre des entreprises, il est trésorier de l’AMC. En mai dernier, il a même signé l’achat d’un immeuble de 4,7 M$ au centre-ville de Montréal, comme «executive officer» de l’Association.

«Je n’ai rien à vous dire»

Au siège social de Mississauga, l’Islamic Society of North America (ISNA) assure que son organisation ne contrôle plus la Canadian Islamic Trust Foundation (CITF), propriétaire des immeubles abritant trois mosquées et deux écoles au Québec.

Pourtant, les deux organismes sont domiciliés à la même adresse et leurs conseils d’administration sont composés des mêmes personnes.

Le trésorier de la Mosquée de Montréal, adresse officielle de la CITF au Québec, n’a pas souhaité éclaircir ces zones d’ombre. «Je ne me prononce pas. Je n’ai rien à vous dire», dit Hocine Djellab.

Rien d’étonnant dans cette réaction, selon un spécialiste des islamistes à la Chaire de recherche du Canada sur l’islam, le pluralisme et la globalisation, à l’Université de Montréal.

Selon Wael Saleh, les islamistes sont régulièrement accusés de pratiquer la «dissimulation», qui consiste à «ne pas afficher ses convictions profondes ou à ne pas dire la vérité quand cela peut vous causer des ennuis.»

Seul responsable d’une mosquée de l’ISNA ayant accepté de nous parler, le secrétaire général de l’Association culturelle islamique de l’Estrie dit tout ignorer de l’ISNA.

Youssef Regragui explique cependant que les mosquées nord-américaines lui appartiennent souvent pour éviter que les administrateurs locaux ne revendent les lieux de culte à leur profit. «C’est une clause de protection.»