/opinion
Navigation

Conservateurs : « le chat sort du sac »

Coup d'oeil sur cet article

Le ministre Denis Lebel s’insurge contre les syndicats qui utilisent les cotisations de leurs membres «pour faire de la politique». Dans une lettre ouverte, «FTQ: Le chat sort du sac», il dénonce notre intention de mobiliser contre le programme politique désastreux des conservateurs d’Harper. Or, le «chat» est sorti du sac depuis longtemps puisque la FTQ annonce ses intentions depuis l’an dernier.

Et il suffit de consulter nos statuts pour savoir que la FTQ, depuis sa fondation en 1957, a pour mission de participer aux débats politiques. C’est pour cela que des syndicats aussi divers que les Métallos ou la Guilde des musiciens choisissent d’adhérer à cette fédération.

Pas de leçon à recevoir

Quelle ironie de voir M. Lebel, représentant du gouvernement détenant le record des infractions à la Loi électorale, écrire que la FTQ «a un passé de délinquance en matière de respect de la Loi électorale». Il fait référence à une brochure contre l’ADQ que nous avions distribuée lors des élections de 2003. La FTQ s’est fait reprocher une dépense excessive, mais la Cour suprême a confirmé que l’action politique fait partie de notre mandat.

M. Lebel veut nous faire la leçon, mais il ressemble à un éléphant critiquant la longueur du nez d’une souris. A-t-il oublié que son parti a eu recours à une bassesse comme celle des appels automatisés visant à induire en erreur les électeurs de ses adversaires et à les conduire, le jour du vote, à une mauvaise adresse de bureau de vote? Nous n’avons pas de leçons de moralité à recevoir d’un parti qui a fait entrer la publicité négative dans les mœurs politiques d’un pays où cette aberration n’existait pas.

Le pire bilan

Les syndicats ont un mandat bien embêtant pour les gouvernements: défendre les intérêts des travailleurs et critiquer les décisions qui n’en tiennent pas compte. Or, les conservateurs d’Harper affichent le pire bilan des dernières décennies au chapitre des droits des travailleurs. Ce gouvernement a saccagé la caisse d’assurance-emploi, qui protège aujourd’hui moins de 40 % des chômeurs. Un désastre soutenu par M. Lebel alors que le taux de chômage de sa région avoisine les 10 %.

À cela s’ajoute un programme législatif visant carrément à détruire le mouvement syndical. Le premier acte s’est joué dans une série de lois pour casser les syndicats des secteurs publics et parapublics fédéraux. Le deuxième acte est le projet de loi C-377 qui exige que les syndicats fournissent des renseignements financiers au ministre pour qu’il puisse les rendre publics. Autrement dit, que les syndicats dévoilent tout, alors que rien n’est exigé des organisations patronales. Fait à noter, ce texte de loi a fait l’unanimité contre lui. Tous les partis d’opposition ainsi que le Sénat, pourtant dominé par des conservateurs, sont contre.

L’attaque de M. Lebel contre la FTQ annonce le début du troisième acte: éliminer la formule Rand pour autoriser le non-paiement des cotisations syndicales et la désaffiliation automatique. S’il y a un chat qui sort du sac aujourd’hui c’est bien celui-là! De cette façon, tout sera en place pour museler et détruire progressivement le mouvement syndical canadien.

C’est pourquoi nous voulons parler du bilan d’Harper à tous les électeurs qui accepteront de nous ouvrir leur porte.