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Démystifier la bipolarité

JoÈve Dupuis
Photo courtoisie

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Candidate à l’émission Occupation Double en 2010, JoÈve Dupuis a vécu un dur retour au Québec, notamment en raison de commentaires hargneux sur les médias sociaux. Cinq ans plus tard, elle s’intéresse à l’univers de la bipolarité pour cadrer un premier roman destiné aux ados, Montagnes russes.

Bien qu’elle ne soit pas bipolaire, JoÈve s’est inspirée de sa propre expérience, des angoisses, des peines et de l’incompréhension vécues après son passage à la populaire émission de téléréalité pour écrire Montagnes russes.

Dorothée, son héroïne, formule le 31 décembre le souhait de trouver l’amour avant la fin de l’année scolaire. Son amie Stéphanie et elle se jurent de sortir avec les plus beaux gars de l’école, les jumeaux Perron.

Au bout de quelques semaines, ça se corse et Stéphanie ne comprend plus trop les hauts et les bas de Dorothée. Pour cause: elle souffre sans le savoir de bipolarité, une maladie sur laquelle circulent beaucoup de préjugés.

«On entend des jeunes se traiter de “bipolaire”, comme on se traitait de “fif” et de “mongol” il y a une quinzaine d’années. On entend parler les jeunes et dans presque tous les téléromans que j’écoute, il y a un personnage qui vit des problèmes de santé mentale et c’est presque à 80 % de la bipolarité. Il y a des films et des comédies là-dessus cette année», dit-elle en entrevue.

Elle trouvait intéressant de parler des nouveaux mots qu’on entend dans la société et qu’on galvaude. «On parle de “bipolaire”, mais on ne parle pas du sujet. C’est juste un mot qui est populaire, pas le sujet. Je veux me servir du livre pour aborder un sujet.»

Malmenée sur les réseaux sociaux

«La bipolarité n’a rien à voir avec son cas personnel, mais c’est sûr qu’il y a du «moi» dans le livre, dans le sens où j’ai vécu une période pas facile quand je suis revenue d’Occupation Double. J’ai été malmenée sur les réseaux sociaux, c’était incroyable. J’ai vécu de l’anxiété, j’avais de la misère à parler de ce que je vivais. Ça vient toucher ton estime personnelle. J’ai décidé de me virer de bord et de faire autre chose avec ça.»

Pour se documenter sur la bipolarité, elle a rencontré des infirmières qui travaillent en psychiatrie et un psychiatre. «J’ai fait beaucoup de lectures. C’est une maladie qui est bien documentée. J’ai parlé avec des personnes qui ont reçu un diagnostic de trouble bipolaire. Les psychiatres me disaient que les médecins vont soupçonner des épisodes dépressifs, mais ce n’est pas une dépression. Il y a différents types de bipolarité. Dorothée a tous les facteurs, ou presque, et c’est très clair au niveau de son comportement.»

«Le message que je veux faire passer aux jeunes – et aux adultes – c’est qu’il faut savoir faire la différence entre ce qui est l’adolescence et ce qui va un peu plus loin. L’histoire donne un prétexte pour aborder un sujet qui n’est pas facile.»

Montagnes russes
JoÈve Dupuis