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«Philippe Couillard risque d’être l’une de nos prochaines cibles» - Zineb El Rhazoui, journaliste au Charlie Hebdo

«Philippe Couillard risque d’être l’une de nos prochaines cibles» - Zineb El Rhazoui, journaliste au Charlie Hebdo
Photo Tout le monde en parle

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La journaliste Zineb El Rhazoui, de Charlie Hebdo, était la première invitée de Guy A. Lepage sur le plateau de Tout le monde en parle le 1er février. 

Celle qui «aurait dû» être dans la salle avec ses collègues décédés, lors des attentats du 7 janvier, se trouvait au Maroc au moment du drame. Aujourd'hui au Québec pour venir à la rencontre des lecteurs outre-atlantiques du Charlie Hebdo, elle a livré un témoignage touchant. Comment on fait des blagues après la tragédie? «Faire des blagues, ça a toujours été notre mode de fonctionnement à Charlie Hebdo.» a t-elle lancé.

Couillard, une cible de Charlie Hebdo ?

Questionnée à savoir ce qu'elle pensait de la prise de position du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sur l'intégrisme religieux, elle a semblé trouver que celui-ci manquait de fermeté dans ces propos. «Il faut vraiment déconstruire et critiquer l'idéologie du fanatisme religieux. C'est ça qui enfante le terrorisme.» Lorsque Dany Turcotte lui a demandé si Philippe Couillard pourrait un jour être dessiné par l'équipe de Charlie Hebdo, la journalisme a répondu par l'affirmative, avec un petit sourire: «Oui, Philippe Couillard risque d’être l’une de nos prochaines cibles.»  
 
«On ne vous laissera jamais gagner.»

Zineb El Rhazoui a également commenté l'impressionnant et triste rayonnement qu'a eu son journal suite aux attentats. Elle en a profité pour envoyer un message aux terroristes: «Aujourd’hui, au lieu que Charlie Hebdo soit un petit journal fauché, ce travail pour lequel vous avez tué, il va rentrer dans presque 8 millions de foyer. On ne vous laissera jamais poser les règles du jeu. On ne vous laissera jamais gagner.»

Et que pense la journaliste des médias occidentaux qui ont refusé de publier des caricatures de Mahomet ? «C’est de la lâcheté. Les médias qui ont fait ce choix là, ce n’était pas par conviction intellectuelle, c’était parce qu’ils ne veulent pas de problème. Ils acceptent les règles du jeu imposées par les armes.» Pour madame El Rhazoui, c’est même une trahison face au sacrifice très lourd qu’ont donné ses collègues à la liberté d’expresion et au journalisme. Après tout, «la plus laide, la pire caricature de l’Islam, elle a été faite par les frères Kouachi. Pas par les petits bonhommes de mes collègues.» a t-elle ajouté.