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Pessimisme = bonheur

Sylvain Larocque propose un nouveau spectacle bourré d’autodérision

Sylvain Larocque présentait hier la première montréalaise de son nouveau spectacle, intitulé Dans le blanc des yeux.
Photo d'archives Sylvain Larocque présentait hier la première montréalaise de son nouveau spectacle, intitulé Dans le blanc des yeux.

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L’humoriste Sylvain Larocque, auteur prolifique, signe un quatrième spectacle bourré d’autodérision qu’il livre avec sensibilité et franchise. Tout y passe, son physique, ses travers et ses souvenirs parfois douloureux. Des confidences comme autant de miroirs brandis devant nos propres défauts.

Au son d’une musique signée Dumas, spécialement composée pour le spectacle, l’humoriste a amorcé sa première montréalaise hier soir au Théâtre St-Denis avec plusieurs blagues sur son apparence. «Je suis le seul gars au monde qui est plus sympathique par courriel», a-t-il lancé.

Chez Larocque, le corps, l'esprit, le décalage entre les deux sont des thèmes récurrents. On veut bien le croire: les

apparences sont parfois trompeuses. Et parfois, le cerveau ne suit pas. «Je ne suis pas vite, vite. Ma tour de contrôle est syndiquée», a-t-il dit, avec sa moue habituelle qui amuse le public.

On sait que l’humoriste de 47 ans a été victime d’intimidation durant son primaire à cause de son œil en verre. Les élèves l’appelaient alors «crapaud». Sa vengeance, il l’a trouvée sur scène, le sourire béant. Et ça fait mouche: le public en a redemandé lorsqu’il a ouvert le cahier Canada dans lequel il avait inscrit toutes les vacheries qu’on lui a lancées lors de sa jeunesse.

Mais l'humoriste ne s’est jamais senti abattu. Pour lui, le pessimisme qu’il a adopté comme philosophie de vie est ce qui le rend heureux, parce que jamais déçu.

Moment cocasse

Autre moment cocasse du spectacle, Larocque a décidé de reprendre toutes ses blagues préférées qui ont été refusées par ses complices de travail, Laurent Paquin, Pierre-Bruno Rivard et Yanik De Martino. Un numéro très apprécié où le comique a su habilement jouer avec les non-sens.

Surnommé le magicien des mots, Larocque a prouvé plusieurs fois qu’il n’a pas perdu la main. Il a repris un poème de La Fontaine en le triturant à sa manière. L'humoriste manie la langue avec doigté, n'hésite pas à utiliser des expressions sorties d'une boîte à surprises.

«Je me suis senti comme une cuillère à soupe dans une résidence Soleil», a-t-il lancé pour décrire ses sentiments durant un faux rendez-vous galant.

Le reste du spectacle mis en scène par Stéphane E. Roy a pris une tangente plus politique. Larocque a parlé de bilinguisme, d’environnement, de religion et d’immigration. Pour Larocque, les racistes sont difficiles à détecter, même s’il a su les imiter à merveille!

 


Sylvain Larocque présentera Dans le blanc des yeux en supplémentaire le 16 mai au Théâtre St-Denis.