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Infirmière spécialisée: des débuts prometteurs

Infirmière spécialisée: des débuts prometteurs
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Les infirmières sont appelées à occuper un rôle de plus en plus important dans le système de santé.

La collaboration entre l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et le Collège des médecins du Québec (CMQ) a fait aboutir un projet de règlement qui élargit le champ de pratique du monde infirmier.

Il y aura de plus en plus d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) qui travailleront dans des équipes de soins chroniques et en centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) soulageant ainsi le travail des médecins en hébergement et évitant de nombreux transferts à l’urgence.

Meilleure efficacité et diminution des coûts: un avancement très louable.

La Clinique de Québec

En ce sens, il faut regarder d’un œil favorable l’ouverture d’une clinique infirmière avec une offre de soins plus larges dans la basse-ville de Québec.

Le syndicat des infirmières (iers), la FIQ, finance cette clinique infirmière qui est située en haut d’une pharmacie et près d’une clinique médicale.

La relation entre les deux cliniques est excellente et les médecins du quartier collaborent bien.

Que ce soit pour le diabète, l’hypertension, le cholestérol ou des problèmes de santé mentale, avec leur formation et l’utilisation des ordonnances transférées des médecins aux infirmières, celles-ci ont une bonne latitude pour traiter ces maladies.

Les médecins sont ainsi délestés de la charge de patients chroniques, peuvent s’occuper davantage des cas aigus et prendre de nouveaux patients.

Un projet semblable est démarré à Saint-Gabriel-de-Brandon et subventionné par la Fondation de l’Ordre des infirmières; Chertsey et Saint-Michel-des-Saints sont tentés de reproduire le modèle.

Jusqu’à maintenant, le ministère de la Santé et des Services sociaux n’a manifesté aucune réaction. Cette sympathique initiative peut aider une foule de patients tout en diminuant les frais pour le système de santé.

Des questions

Fort louables, ces projets soulèvent néanmoins quelques questions.

Premièrement, la clinique de Québec est située au-dessus d’une pharmacie. Rappelons-nous les reproches faits aux médecins qui logent à la même enseigne et les obligations qui en ont découlé. Il ne faudrait pas arriver à «un poids, deux mesures».

Deuxièmement, avec la création de ces cliniques, il semble exister un excellent partenariat public-privé (PPP). N’oublions pas que les syndicats ont toujours décrié les PPP. Le proverbe: «Faites ce que je dis et non ce que je fais» s’applique-t-il ici?

Troisièmement, au lieu d’ouvrir de nouvelles cliniques, il serait sûrement logique pour les infirmières de s’associer aux «Coops Santé» ouvertes dans plusieurs régions et qui offrent déjà plusieurs services dans un climat de collaboration.

Enfin, quatrièmement, qu’en est-il d’une association avec les CLSC dont on entend de moins en moins parler et dont les services pourraient fortement soutenir le travail des infirmières spécialisées.

Ces questions méritent des réponses.

Soutien

Personnellement, j’ai toujours soutenu autant la création et le rôle des infirmières praticiennes spécialisées et je continue de croire en leur importance.

Cependant, elles ne doivent pas alourdir l’organigramme des soins de santé, augmenter la bureaucratie et s’isoler avec une nouvelle structure sous prétexte d’une plus grande autonomie. L’approche en silo n’est plus à la mode; nous en sommes maintenant à l’interdisciplinarité.

Les divergences d’opinions entre les infirmières et les médecins semblent s’estomper, ce qui est heureux.

La collaboration doit se faire sentir encore plus et le travail d’équipe doit se développer davantage. L’arrivée des infirmières praticiennes spécialisées marque un pas dans ce domaine, mais elles ne doivent pas faire bande à part.