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Sapa, notre coup de cœur au Vietnam

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Bien qu’il y ait quelques villes intéressantes à visiter au centre du pays, le Vietnam se compose principalement en deux sections, celle du nord et celle du sud.

Au sud, à Hô Chi Minh-Ville (anciennement Saïgon), j’ai aimé les musées et les sites comme Cu Chi pour tenter de comprendre la guerre du Vietnam du point de vue vietnamien. De plus, il y a l’île de Phu Quoc avec de belles plages et des lieux de randonnée. Cette île a déjà appartenu au Cambodge et fit l’objet d’un conflit entre ces deux pays.

Au nord du pays, Sapa fut un coup de cœur en grande partie grâce à une randonnée en montagne, à notre rencontre avec les Hmongs et au repas pris dans leur maison. Il ne faut pas oublier non plus Cat Ba, une île importante dans la baie d’Along et connue pour ses rocher­s particuliers.

Malgré la chaleur accablante et les longs déplacements, nos deux mois dans ce pays nous ont permis de prendre le temps de nous reposer et de changer le rythme de notre voyage.

Dans la maison des hmongs

Sapa se trouve au nord du Vietnam, près de la frontière avec la Chine. Pour s’y rendre, un trajet de neuf heures de train à partir de Hanoï est nécessaire.

Des déplacements d’une telle longueur sont fréquents au Vietnam, mais, avec la pratique, j’ai acquis des techni­ques pour meubler ce temps.

Lire quelques chapitres d’un roman, prendre une collation, écouter mon iPod en contemplant les rizières en terrasses et les familles labourant leur terre. Puis, conversation à trois au sujet de nos vies d’avant et de nos vies à venir. Je joue une partie d’échecs avec mon fils Zachary et je retourne à ma lecture. Lorsque le train s’arrête à notre destination, je me dis presque: «Quoi? Déjà?»

Mais lors de ce trajet, me concentrer sur mon roman ne fut pas toujours facile. La cause: des orteils, ceux du passager assis derrière moi. Orteils dans mes fesses, si vous voulez de la précision. Les bancs de ce train sont munis d’une fente entre le siège et le dossier. Est-ce que les ingénieurs ont conçu ces bancs en ayant en tête cette fonction? En tout cas, les orteils s’y insèrent parfaitement.

Ne voulant plus tolérer ces 10 petits intrus vietnamiens, j’ai décidé de les repousser. Mais contre des orteils aux ongles noircis, la lutte à main nue ne me tentait pas trop. J’ai eu l’idée d’utiliser mon livre comme couperet. Après mon attaque-surprise, mon voisin arrière a retiré ses pieds sans rien dire. Je croyais vraiment avoir remporté la guerre. Mais un instant plus tard, j’ai encore eu droit à la présence d’un de ces pieds. Cette fois-ci, il fut sur mon accoudoir, juste sous ma fenêtre. Ma vue fantastique sur les montagnes avait perdu un peu de sa poésie.

En voyage, il faut apprendre à se résigner. Je tente de voir ça comme faisant partie de l’aventure. Ce jour-là, les orteils, c’était mon karma.

Sinon, on passe son temps à ressentir de la colère. Temps d’attente trop long au restaurant, promesses non tenues par l’hôtel. Se fâcher constamment fati­gue.

Dans la vie, il faut donner son maximum pour remporter les batailles, mais une fois qu’on a investi tous ses efforts, il faut savoir composer avec ce qui survient. Des fois on gagne, des fois on perd. Voilà, c’est comme ça. Et si, en moyenne, je gagne plus souvent que je perds, je peux m’estimer heureux.

Au chapitre des victoires, en haut de la liste, se trouve notre rencontre avec cette femme, Zu, notre guide hmong et sa famille chaleureuse. Dans leur maison, tous assis autour de la table, ils ont partagé leur dîner avec nous. Ils n’arrêtaient pas de vouloir nous resservir de l’alcool de riz fait maison (une boisson qui pourrait aussi servir à déboucher le tuyau de votre évier!). Au moment du départ, nous avons eu droit à de grandes accolades.

Après la randonnée en montagne avec Zu, le retour s’est effectué en motocyclette jusqu’à notre hôtel, chacun accroché à un conducteur. C’était stressant, étant donné les routes étroites qui tournaient sans cesse. Pas d’incident pour Annie et Zachary, mais en ce qui me concerne, j’en ai eu pour trois.

Après 10 minutes de route, crevaison. Le motocycliste interpelle un type en moto qui passait par là et lui demande de me prendre. Mais cinq minutes plus tard, panne d’essence. À son tour, il arrête un troisième motocycliste. Le dernier fut le bon et, miracle, j’ai enfin pu rejoindre Annie et Zachary à notre chambre.

Dans cette situation, le bon côté est que, maintenant, je sais comment se sent le bâton dans une course de relais!


Notre prochaine aventure, dans l’édition du 14 mars 2015: Le Japon, dernière étape de notre voyage avant le retour à la réalité.