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Un local pour prier crée des tensions à la STM

Logo STM / 14 octobre 2010
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L’aménagement d’un local pour la prière par la STM à la suite d’une demande d’un employé de religion musulmane crée des tensions au sein du personnel.

«Il y a des membres qui se sentent lésés, car ils [les musulmans qui pourront prier] ont des droits qu’eux n’ont pas. Le catholique, lui, n’a pas eu son église en dessous des marches», soutient le président du syndicat du transport de Montréal, Luc St-Hilaire.

La Société de transport de Montréal (STM) a accepté de permettre à ceux qui veulent prier de s’installer aux ateliers d’entretien Youville. Le local peut accueillir six personnes et possède une cuve qui pourra être utilisée pour le nettoyage rituel, selon la STM.

24 demandes

«Nous avons mis à la disposition des personnes qui en ont fait la demande un endroit pour faire la prière. Ce local n'est pas dédié à une confession spécifique», a précisé la porte-parole Amélie Régis.

Cet aménagement n’a nécessité aucuns frais, aux dires de la porte-parole.

La Société de transport indique qu’elle a présentement 24 demandes d’accommodements raisonnables sur 9400 employés. Elles sont toutes traitées de la même façon chaque fois, sous les mêmes critères.

Mais cette décision crée des problèmes dans les relations de travail, surtout après les événements de Charlie Hebdo, selon le président du syndicat. M. St-Hilaire ne souhaite pas que les travailleurs musulmans soient stigmatisés.

«Nous représentons tous les travailleurs sur un pied d’égalité. Ils doivent donc tous avoir les mêmes droits. Nous ne voulons pas que ça augmente les préjugés dans le contexte dans lequel nous sommes», s’inquiète M. St-Hilaire.

Le syndicat s’est donc tourné vers la CSN pour vérifier si selon la Charte des droits et libertés, notamment, la STM était en droit de donner l’accès au local.

«S’il en retourne que l’employeur pouvait le faire, nous allons demander à la STM d’effectuer un plan de communication pour expliquer aux employés les critères qui déterminent si un accommodement est accepté ou non. C’est très important que tous comprennent bien afin que personne ne se sente lésé comme c’est le cas en ce moment», conclut-il.​