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Les petites villes frappées par les coupes de l’État

Manifestation devant le palais des congrès de Montréal.
Photo Maxime Deland / Agence QMI Des manifestants contre les politiques du gouvernement de Philippe Couillard, le 3 février 2015, à Montréal.

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Les mauvaises nouvelles continuent de tomber pour les petites municipalités. Après la fin du programme de soutien aux territoires dévitalisés, c’est maintenant plusieurs fonds alloués à la rénovation du logement qui passent sous le couperet du gouvernement Couillard.

Plusieurs programmes qui avaient fait le bonheur des petites villes seront tout simplement abolis. Argent a appris que les programmes Rénovation Québec (PRQ), munis d’une enveloppe de 29,2 millions $ en 2013-2014, RénoVillage (16,8 millions $) et le programme Réparations d’urgence (PRU) (2 millions $), réservé aux petites municipalités, ne seront pas renouvelés. Également, le programme Accès-Logis, destiné aux logements abordables, ne sera pas reconduit.

Les petites villes devront aussi oublier temporairement les travaux d’enfouissement des fils électriques. Hydro-Québec a suspendu «temporairement» le programme de soutien à l’enfouissement des fils électriques en milieu patrimonial. Les inscriptions sont arrêtées temporairement depuis février 2014 dans le but «de respecter la date limite du programme qui prévoit la fin des travaux avant le 31 décembre 2016».

De plus, le Pacte rural qui détenait une enveloppe de 213 millions $ entre 2007 et 2014 serait maintenant intégré dans une enveloppe globale de 100 millions $ promise par le Ministère des affaires municipales et de l’occupation du territoire (MAMROT).

Perte d’expertise

Avec les compressions de 50 % à la CRÉ (Conférence régionale des élus), et de 65 % au CLD (Centre local de développement), les fusions en santé et en éducation, «ça change tout», aux yeux des élus.

«Ça nous oblige à mettre 12 de nos 25 professionnels à pied. C’est toute une expertise que nous perdons pour soutenir notre développement économique», a déploré Pierre Thibodeau, le préfet de la MRC de La Matanie, comptant un peu plus de 24 000 habitants.

Le maire du village de Saint-Ulric donne en exemple, la concertation régionale qui a mené à la création de la Société Énergie Éolienne Bas-Saint-Laurent regroupant les huit MRC du Bas-Saint-Laurent et la Première Nation Malécite de Viger. La concertation régionale permet actuellement à chacun des partenaires d’encaisser des revenus de 600 000 $ par année, pour les 20 prochaines années.

«Nous, on se concertait bien ensemble, avec nos partenaires de la santé, de l’éducation et du milieu entrepreneurial. En fait, le gouvernement est en train d’abolir notre gouvernance régionale», a ajouté Pierre Thibodeau.

Relance industrielle retardée

Selon le maire de Lachute, Carl Péloquin, le gouvernement fait une grave erreur de décréter des coupes uniformisées sans tenir compte des particularités régionales.

Pour les régions éloignées, comme la MRC d’Argenteuil ou d’Antoine-Labelle, les compressions lui apparaissent plus graves que pour une MRC de la banlieue de Montréal.

«Nous, on va devoir retarder la mise en œuvre d’un plan d’action pour relancer les emplois industriels. Le «timing» est vraiment pas bon pour ces coupures. Ça retarde notre reprise économique», s’est indigné le maire Péloquin.

Depuis un an, la MRC d’Argenteuil s’était concertée pour attirer de nouvelles entreprises, tout en créant des programmes spécifiques de formation professionnelle avec la commission scolaire. Des affiches publicitaires ont été achetées à fort prix sur des axes autoroutiers pour attirer des industries et les effets positifs commencent à se faire sentir.

«On va devoir tous mettre la main dans nos poches, mais il n’y aura aucune folie à faire. On ne pourra pas lancer de gros projets dispendieux», a renchéri le maire de Lachute.