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Véritable frénésie autour des traitements de fertilité

Le projet de loi limitant la procréation assistée incite les patientes à enclencher le processus

Échographie 3D
Photo d'archives En 2013-2014, 31 % des cycles de fécondation in vitro ont été réalisés en établissement public et 69 % en clinique privée.

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Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) est débordé: les demandes de consultation en fertilité ont doublé depuis que le gouvernement Couillard a annoncé son intention de mettre fin à la gratuité du programme de procréation assistée.

«On constate une augmentation des demandes de consultations depuis la fin du mois de novembre, depuis l’annonce du projet de loi 20», soutient la porte-parole, Sylvie Robitaille. Le nombre d’examens est passé de 65 à près de 130 par semaine.

Les consultations publiques sur le projet de loi 20 du ministre Gaétan Barrette s’amorcent aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Le texte impose des quotas de patients aux médecins de famille, mais resserre également l’accès à la fécondation in vitro (FIV) uniquement aux femmes âgées de 18 à 42 ans qui n’ont jamais eu d’enfant. Le remboursement des traitements se fera désormais par l’entremise d’un crédit d’impôt proportionnel au revenu des ménages.

Au CHUM, les demandes dépassent même la capacité de l’établissement.

Augmentation constante

Le nombre de traitements de FIV est en augmentation. «Avant l’annonce, on faisait à peu près 19 cycles par semaine, maintenant, on en fait 24», précise-t-elle.

Cet achalandage provoque des délais additionnels pour avoir accès aux différents spécialistes de l’infertilité. Pour un fertologue, l’attente est maintenant de sept semaines. Même chose pour les neurologues, endocrinologues ou généticiens, dont le délai pour une consultation est passé de sept semaines à quatre mois.

Il n’a pas été possible d’obtenir les données pour le CHU de Québec, qui ne pratique pas les FIV. Au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, des patientes ont tenté d’avancer leur rendez-vous pour s’assurer d’enclencher le processus avant la fin de la gratuité du programme, mais l’établissement a refusé.

CUSM

Un phénomène qui n’a pas été observé au CUSM. «Nous n’avons pas eu de variation dans le nombre de traitements de FIV», précise Vanessa Damha, coordonnatrice des communications. Une hausse a été constatée après Noël, comme chaque année.

Au Centre de fertilité de Montréal, on soutient qu’il n’y a pas eu de gros changements depuis l’automne. «Peut-être en partie parce que beaucoup de patients appréhendaient déjà les intentions du ministre de la Santé dès l’été 2014», précise néanmoins le Dr Neal Mahutte, directeur médical de la clinique privée.

Cycles de FIV réalisés au Québec
2011-2012
7416
2012-2013
8707
2013-2014
8766
Du 1er avril 2014 au 17 février 2015
7127*
* Donnée partielle
mesures du projet de loi 20
1
Les activités de fécondation in vitro sont interdites chez les femmes de moins de 18 ans et celles âgées de plus de 42 ans
2
Fin de la gratuité du programme, qui est remplacé par un crédit d'impôt proportionnel au revenu des ménages. (de 20 % à 80 % du prix du programme)
3
Un seul cycle d’insémination sera payé jusqu’à l’âge de 37 ans, et les ménages qui ont déjà eu un enfant, dont l’homme a été vasectomisé ou la femme ligaturée n’y auront pas droit
4
Les couples qui participent au programme devront prouver à l’État qu’ils ont eu auparavant des relations sexuelles.