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Nos animaux en trop: tuons-les

Animaux abandonnés adoptés
Photo Baptiste Zapirain

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Un éditeur qui imprime trop de livres envoie les invendus au pilon pour les faire déchiqueter. Voilà comment les Québécois fonctionnent avec leurs chats et leurs chiens, ces bêtes qu’ils prétendent aimer.

Notre pseudo Belle Province tolère les usines à chiots et n’oblige pas la stérilisation, d’où une myriade de chatons, alors elle est obligée, c’est logique, d’avoir un endroit où faire mourir son surplus de production. «Personne ne veut de toi, mon Rex? Il va falloir te tuer.»

Comme il y a chez nous une tradition de corruption banalisée dans le monde de la construction qui se pense au-dessus des lois (et qui effectivement l’est presque), il y a une tradition de cruauté banalisée envers les animaux.

Nos refuges pour animaux pourraient par ailleurs se rebaptiser «usines de la mort».

À part Luka Magnotta, personne n’a envie de faire mourir un chaton dans un sac Ziploc. Le Québécois moyen est content de confier la morbide besogne à d’autres...

La mauvaise conscience des Québécois les rend-elle inattentifs aux méthodes d’euthanasie de ces services (qui ont toujours de si gentils noms!) payés par nos municipalités pour «pilonner» notre excédent de chats et chiens pendant que personne ne regarde?

Le Berger Blanc? Le quoi? J’ai un trou de mémoire, Madame!

Les chambres à gaz, c’est correct

Cette semaine, je prête mon crachoir aux défenseurs des animaux. Ils me supplient de vous révéler l’existence des chambres à gaz. Non, pas celles de la Pologne de 1943.

Je vous parle du Québec d’aujourd’hui, où l’on aime à gazer les animaux.

La méthode artisanale consiste à brancher le tuyau d’échappement de votre voiture à une boîte hermétiquement fermée. Prenez votre chat ou votre chien préféré. Enfermez-le dans ladite boîte. Puis démarrez le moteur. Tôt ou tard, votre bestiole chérie arrête de japper ou de miauler. Pour de bon.

Cette technique aux relents de Deuxième Guerre mondiale est interdite presque partout hors Québec, chez nos amis les Anglais. Mais chez nous, au Québec, c’est correct! Société distincte!

Heureusement qu’il y a des bénévoles comme Gertrude «Gerdy» Cox, qui a fondé Les rescapés de Gerdy, qui sauve des centaines d’animaux chaque année (sans euthanasie et sans fonds municipaux) pour dénoncer notre amour national du gazage.

Par exemple, L’Inspecteur Canin, de Saint-Lin, qui affirme être lié à une trentaine de municipalités, dont Lorraine la snob et Sainte-Thérèse la prétentieuse, se targue sur son site d’avoir une «chambre d’euthanasie conforme» où pitou et minou inhalent du CO2.

C’est normal. Ne vous scandalisez pas.

Vivement une enquête !

Faudra-t-il une grande enquête du Journal pour que ce dossier débloque? Combien de centaines d’articles avons-nous déjà consacrés à des cas ahurissants d’abus contre les animaux que la loi ne permet souvent pas de punir? À quoi bon le 4e pouvoir si les médias parlent dans le vide?

Quand la généreuse Gerdy appelle le ministre Paradis, elle se fait aiguiller dans 56 directions, qui ne mènent nulle part...

Quant au groupe Blacklist (qui devrait bientôt franciser son nom, n’est-ce pas?) qui dénonce un chenil de Saint-Honoré-de-Témiscouata où de petits chiens sont gardés dehors par un froid sibérien, le prend-on au sérieux? Mais non. Pas au Québec!

La solution? Interdisons les usines à chiots. Obligeons la stérilisation. Criminalisons l’abandon d’animaux.

Devrions-nous criminaliser l’abandon des animaux?