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Fin de saison régulière étrange

RUSSIA-PLANE/CRASH
Photo reuters La dernière année a été marquée par un changement, alors qu’Alexander Medvedev a été démis de ses fonctions de président de la KHL par le Vladimir Poutine, qui voulait voir la Ligue agir dans l’intérêt de l’équipe nationale.

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Le calendrier régulier de la Ligue continentale de hockey a pris fin la semaine dernière et ce fut sans aucun doute la saison la plus étrange en sept ans d’existence. Le circuit s’est développé dans le nord de l’Europe et dans le sud de la Russie avec l’ajout du Jokerit de Helsinki et du HC Sotchi. Une crise financière a toutefois frappé la Ligue et la moitié des formations sont en sérieuses difficultés. Plusieurs équipes ont payé leurs joueurs avec beaucoup de retard et, selon certains, quelques organisations n’auraient même pas été en mesure de le faire.

La chute du rouble a fait mal aux joueurs étrangers du circuit, qui ont vu leur salaire réduit de moitié, alors que les sanctions occidentales envers la Russie ont affecté la plupart des dirigeants de la KHL, qui sont sur la liste de persona non grata des Européens et des Américains.

La dernière année a également été marquée par un changement au sein de l’équipe de direction, alors qu’Alexander Medvedev a été démis de ses fonctions par le président Vladimir Poutine, qui voulait voir la Ligue agir dans l’intérêt de l’équipe nationale.

Parmi les scandales, l’entraîneur du Barys d’Astana Andreï Nazarov s’est surpassé en lançant des bouteilles, en échappant des jurons à la télévision et en interrompant des joueurs en entrevue. Lorsque les médias ont commencé à répandre des rumeurs concernant le congédiement imminent de «Dirty Naz», l’organisation a contre-attaqué, menaçant les journalistes d’amendes ou de les faire envoyer en prison pour calomnie. Au Kazakh­stan, de telles menaces ne sont pas à prendre à la légère.

Incident

Un autre incident est survenu à Novossibirsk, alors que plusieurs personnes, dont un vieil homme et un employé de l’équipe locale, ont été arrêtées pour avoir lancé des casquettes sur la patinoire après un tour du chapeau. La police ne connaissait pas cette tradition. Ni les juges de la région, d’ailleurs, puisque ces personnes ont reçu une amende, qui a ensuite été réglée par l’organisation, le Sibir de Novossibirsk.

Le circuit a aussi choisi de décerner le prix du «Championnat russe», remis à la meilleure équipe en saison régulière, ce qui enlève un peu de prestige à la Coupe Gagarine, décernée aux champions des éliminatoires. Cette décision a été prise avec un brin de nostalgie puisqu’à l’époque de l’URSS, il n’y avait pas de séries éliminatoires.

Malgré tout, la KHL a établi un nouveau record d’assistance, avec 6400 spectateurs par match et des amphithéâtres pleins à 80% à chaque rencontre. C’est aussi la première année où aucune partie n’a été annulée. Avec le Dynamo de Moscou qui jouera dans un nouvel amphithéâtre de 12 000 sièges l’an prochain, les chiffres pourraient augmenter davantage.

Les séries éliminatoires ont commencé ce week-end et quoiqu’en disent les patrons du circuit, les joueurs considèrent toujours que le vrai championnat est celui de la Coupe Gagarine.

Le CSKA de Moscou d’Alexander Radulov, le SKA de Saint-Pétersbourg d’Ilya Kovalchuk et le Metallurg de Magnitogorsk seront les favoris, sans oublier le toujours dangereux Dynamo de Moscou ainsi que l’AK Bars Kazan. Toutefois, s’il y a un point sur lequel la KHL n’a rien à envier à la Ligue nationale de hockey, c’est au niveau de l’imprévisibilité des séries.

Projet politique

Depuis que tout en Russie est politisé de façon intense – et le hockey a toujours été l’un des projets politiques les plus importants du pays –, il n’est pas étonnant que les innovations dans la KHL soient de nature politique.

La plus récente proposition des dirigeants de la Ligue concerne les termes utilisés dans le monde du hockey, dans le but d’éliminer les mots étrangers. Une telle coutume était courante à l’époque de l’Union soviétique, alors que le gouvernement voulait lutter contre «l’influence occidentale diabolique».

Le tout commencera lors du repêchage de la KHL, qui selon plusieurs médias, sera rebaptisé «Yarmarka talantov», ou «la foire aux talents».

Les séries éliminatoires pourraient suivre, si les dirigeants trouvent un mot équivalent. Il n’y a cependant encore rien qui laisse présager que les mots «continentale, «hockey» et «ligue» soient les prochains à être ciblés.

Le gardien canadien Kevin Lalande, du CSKA, a terminé la saison avec une moyenne de buts alloués de 1,39, la meilleure du circuit, alors que le défenseur Chris Lee, du Metallurg, a été le meilleur pointeur parmi les arrières avec 46 points.


Le chiffre de la semaine : 32

C’est le nombre de buts marqués par l’attaquant canadien du Barys d’Astana Nigel Dawes, le deuxième meilleur franc-tireur de la KHL. Dawes est devancé par l’Américain Steve Moses, du Joke­rit de Helsinki, et il est suivi par Stéphane Da Costa, un Français qui évolue pour le CSKA de Moscou. Dans un circuit plein de marqueurs russes, avoir trois marqueurs étrangers au sommet est quelque peu surprenant. Ça amène aussi à se poser des questions quant aux mesures envisagées par la Ligue pour réduire la présence de joueurs étrangers, ce qui pourrait affecter le calibre de jeu de la KHL.