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Ils voyagent à leurs risques et périls

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Il ne faut pas être du type casanier lorsqu’on accepte un boulot de recruteur amateur pour une équipe de la LNH. Ces gens sont rarement présents à la maison. Leur chanson préférée pourrait être On the Road Again, de Willie Nelson!

«On ne mène pas une vie normale, admet Trevor Timmins, du Canadien. Non seulement voyage-t-on beaucoup, mais on est presque toujours seul. On ne parle pas souvent aux autres recruteurs. Tout le monde cache son jeu. C’est un travail individuel, solitaire.

«Une fois qu’on a quitté l’aréna pour retourner à l’hôtel, on met deux bonnes heures à rédiger nos rapports sur RinkNet. Sans oublier les réservations de voyages à faire. Il faut être discipliné, sinon on peut se brûler rapidement.»

L’homme de 46 ans surveille son alimentation et il prend le temps de s’entraîner au gymnase de l’hôtel.

MÉSAVENTURES SUR LA ROUTE

Chaque recruteur a eu ses mésaventures sur la route, souvent en raison des mauvaises conditions climatiques.

Pierre Mondou a déjà été forcé de passer une nuit dans son camion près de Kingston parce qu’il ne voyait absolument rien devant lui sur la route en raison de l’épais brouillard qui se forme souvent près du lac Ontario à l’automne.

Gilles Côté a déjà passé la nuit sur un banc d’aéroport. Il se souvient aussi d’avoir raté un vol de retour, alors qu’il était dans une tournée dans l’Ouest parce qu’un policier de Spokane ne comprenait pas qu’il n’y avait pas (dans ce temps-là) de photo sur les permis de conduire du Québec.

Les dépisteurs ont tous des histoires à raconter sur des déplacements difficiles par mauvais temps. Ceux qui travaillent souvent dans les Maritimes ont connu un hiver tout particulièrement difficile cette année en raison des nombreuses tempêtes de neige.

«Nous sommes comme des camionneurs, souligne Mondou. On surveille les prévisions de la météo et on essaie de planifier nos voyages du mieux qu’on peut. Simon Nolet dit souvent que la neige est le pire ennemi des recruteurs.»

Claude Carrier, des Devils, n’oubliera jamais une certaine randonnée en voiture en compagnie d’André Savard entre Prince-Albert et Regina, en plein blizzard.

«Ça nous avait pris sept heures pour effectuer un trajet qui en prenait normalement trois. On ne voyait rien devant nous. C’était fou.»


Un accident grave

C’est surtout lors de leurs voyages en Europe que les choses peuvent se compliquer. Alain Chainey, ex-directeur du recrutement pour les Ducks, a vécu un accident qui aurait pu tourner au drame lors d’un voyage en Slovaquie. «En revenant d’assister au tournoi d’Ivan Hlinka, j’avais été victime d’un grave accident de la route. Une voiture avait fait demi-tour sur l’autoroute et on n’avait pu éviter la collision. J’avais subi des fractures à une jambe, à une cheville et à une épaule. J’aurais pu y laisser ma peau.»

Timmins avait eu un choc

Timmins, de son côté, n’oubliera jamais le championnat mondial junior de 2013, qui s’était déroulé à Oufa.«Ça prenait 18 heures pour se rendre là-bas, en passant par Istanbul. J’avais voyagé de nuit vers la Russie et j’étais crevé à mon arrivée à Oufa. J’avais eu un choc en marchant dans les rues de la ville pour me rendre à l’aréna», relate-t-il. «Je découvrais un tout autre monde. Il y avait un marché public où la viande était exposée en plein air, sur des étalages survolés par des pigeons. Ça m’avait donné le goût de devenir végétarien!»

Ah! ces douaniers russes...

Chainey s’est rendu une bonne vingtaine de fois en Russie et il n’en garde pas toujours de bons souvenirs.«On m’a déjà niaisé au sujet de mon visa. On disait qu’il était expiré alors qu’il était encore valide pour trois jours, raconte-t-il. J’avais dû remettre 300$ aux employés de la douane afin de sortir du pays. Soudainement, mes papiers étaient devenus valides!» Carrier se souvient de son premier voyage en République tchèque, avant que le pays soit libéré de l’emprise communiste. «En sortant de l’avion à Prague, un douanier nous attendait dans une cabane en bois, mitraillette à la main...»