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Naître et grandir au coeur du Faubourg à M’lasse

Jocelyne Robert
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Jocelyne Robert

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MONTRÉAL  |  La sexologue, pédagogue et essayiste Jocelyne Robert, auteure d’une quantité d’ouvrages à succès, s’est inspirée en partie de son enfance dans le «Faubourg à m’lasse», un quartier disparu de Montréal, pour écrire sa toute première série romanesque, Gwendoline Dernière.

Jocelyne Robert, une femme pétillante et pleine d’énergie, est vraiment heureuse de présenter son tout premier ouvrage de fiction aux lecteurs, qui la connaissent et l’apprécient depuis longtemps. Mensonges d’enfance est le premier tome d’une trilogie qui raconte le parcours d’une héroïne bien montréalaise, de 1950 à nos jours.

Gwendoline, septième et dernière enfant d’une tribu endiablée, déboule sur la planète en plein cœur du XXe siècle, dans le Faubourg à m’lasse. C’est son parcours, de la ruelle Collin à New Croydon (qui correspond au Saint-Hubert d’aujourd’hui), que Jocelyne Robert raconte. Les ruelles, l’école des bonnes sœurs, la messe du dimanche et les émois de l’adolescence.

La sexologue a longtemps eu envie d’écrire un roman et c’est Les femmes vintage, son essai sur le vieillissement, qui a servi d’élément déclencheur. «Je m’étais créé un double que j’avais appelé Gwendoline Dubois, une femme du même âge que moi qui me donnait la réplique. J’ai aimé créer ce personnage fictif. J’avais le goût qu’elle continue de vivre, et beaucoup de gens m’en ont parlé», dit-elle en entrevue, dans un café du Plateau-Mont-Royal.

Femmes formidables

Par ailleurs, Jocelyne Robert a l’impression qu’elle portait cette héroïne en elle depuis fort longtemps. «J’observais depuis des années des femmes de 20, 30, 40, 50, 60 ans. Il y a plein de femmes formidables au Québec dont on entend peu parler. J’ai eu envie de décrire un personnage de femme exceptionnelle et simple en même temps. Ces femmes qui traversent leur vie en étant formidablement vivantes, dérangeantes, un peu révolutionnaires.»

Sa belle Gwendoline est à l’image de la femme québécoise, puissante et unique au monde. «Je pense que j’ai eu envie de dresser un portrait d’une héroïne des temps modernes. Elle naît dans le Faubourg à m’lasse de Montréal, mais elle aurait pu naître ailleurs, dans un quartier prolétaire de Québec, par exemple.»

Lieux réels, histoire fictive

Jocelyne Robert connaît bien le Faubourg à m’lasse, qui correspond à peu près au quartier Centre-Sud, puisqu’elle y est née et y a passé sa petite enfance. «Tous les lieux évoqués sont réels même si l’histoire est fictive. Ça me facilitait les choses de mettre en scène mon personnage dans des lieux que je connaissais. Je pouvais en parler avec mon cœur et mon âme. Il y a des personnages connus qui sont réels, des lieux qui sont réels, mais l’histoire est romancée, fictive.»

Elle a trouvé «bouleversant» de créer Gwendoline, puis de constater que son personnage l’avait quelque peu guidée. «J’ai adoré écrire son histoire et j’ai hâte de me plonger dans le deuxième tome, où elle sera adulte. En planifiant mes trois tomes, j’ai réalisé qu’il n’y a pas beaucoup de pans de l’histoire qui sont aussi riches que le milieu du XXe siècle. Tu passes de la jeune enfant qui a vu son grand-père avec des chevaux à l’arrivée de la télé, aux révolutions, à la démocratisation de l’éducation, à l’arrivée de la pilule. C’est un segment de l’histoire, sans rien inventer, qui est foisonnant. Gwendoline va connaître internet, l’internationalisation.»

Au-delà de la grande histoire, elle s’est intéressée à la vie des gens, au quotidien. «J’espère être arrivée à montrer la vie de quartier qui existait à ce moment et qui n’existe plus. Il y avait un univers dans cette ruelle.»

Jocelyne Robert a écrit une douzaine d’ouvrages à succès, réédités et traduits en 20 langues.

Les tomes 2 et 3 de la série sont à venir: Éclats de femme et Été des Indiens.