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Entre jungle et jardin

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Région isolée et plutôt méconnue du Costa Rica, le littoral sud du Golfo Dulce, à la frontière du Panama, est un petit joyau tropical préservé à l’intérieur des limites d’un parc national. C’est au domaine Playa Cativo que l’on pose ses valises pour un séjour de rêve à la découverte des charmes de la jungle costaricaine.

Le Golfo Dulce, une large baie bordée de plages isolées, s’étale entre la péninsule d’Osa et l’extrémité sud de la côte pacifique du Costa Rica. Il constitue l’un des trois uniques fjords tropicaux de la planète avec une profondeur maximale de 200 m peuplé d’une biodiversité reconnue comme l’une des plus riches et diversifiées au monde.

Depuis le bateau qui effectue la liaison entre les villages de Puerto Jimenez, Golfito (les deux seuls aéroports de la région) et Playa Cativo, on peut observer au gré des saisons trois espèces de dauphins, des orques occasionnellement ainsi que des baleines à bosse lors de leur migration vers l’hémisphère sud.

Le long de la côte sud du Golfo Dulce s’étale une série d’écosystèmes diversifiés qui composent le parc national Piedras Blancas. Il s’agit d’un immense territoire de 14 000 hectares de forêt primaire qui reçoit, en raison de son accès moins facile que celui des autres parcs costaricains, moins de 500 visiteurs par an.

À l’embouchure de la rivière Esquinas, on côtoie tout d’abord les mangroves et leur enchevêtrement de racines aquatiques qui constituent une véritable pouponnière pour de nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons et de crustacés.

Expérience au domaine Playa Cativo

En mettant pied à terre sur la plage de sable gris, un jardin extraordinaire planté de palmiers, de cocotiers et de plantes tropicales colorées forme devant nous un décor paradisiaque au milieu duquel se dresse la Playa Cativo Lodge. Luis Pardo, le directeur du domaine, nous accueille et nous invite à lever la tête afin d’observer le vol majestueux d’un toucan suivi d’un trio de grands perroquets rouges. La liste des différentes espèces animales que l’on peut observer en liberté sur le territoire de Playa Cativo est longue puisqu’il s’agit d’un lieu de passage important pour les animaux qui se déplacent le long des côtes du parc national dans lequel est enclavée la Playa Cativo Lodge.

Après une impressionnante pluie tropicale, habituelle en après-midi dans les zones de forêts pluviales, un vacarme de tous les diables s’élève des profondeurs de la jungle. Pour ajouter un degré supplémentaire à la frayeur qui s’empare de nous, le rugissement se rapproche de la terrasse du complexe d'hébergement à pas de géant, tel un T-Rex dans le film Jurassic Park. Les employés s’amusent et nous rassurent en expliquant qu’il s’agit des cris de singes hurleurs, très sensibles aux changements de pression atmosphérique lors des orages tropicaux. Plusieurs clans de 5 à 10 individus vivent dans les plaines côtières du parc national, y compris autour du domaine de Playa Cativo, là où ils trouvent une abondance de plantes et de fruits comestibles.

La curiosité étant plus forte que la crainte, nous allons à leur rencontre, accompagnés de Mario Chavarria Fuentes, guide naturaliste originaire de Golfito. Il nous explique au passage les propriétés médicinales de plusieurs plantes indigènes qui poussent ici et là avant d’atteindre, sous une nouvelle pluie battante, l’habitat des alouates (le nom officiel des singes hurleurs).

Dans un sublime décor vert et blanc constitué d’arbres au tronc gigantesque et au feuillage dense à travers lequel la lumière peine à percer, leurs cris semblent menaçants et nous sont cette fois clairement adressés. Dans la lunette d’observation du guide, on arrive à distinguer, perchée à plus de 5 m du sol, la silhouette d’un individu qui dégouline sous les trombes d’eaux du ciel. Impossible d’en voir les détails, hormis son saisissant regard qu’il fixe intensément sur nous.

«Leurs cris les rendent plus impressionnants qu’ils le sont vraiment, nous rassure Mario. Ils ne mesurent pas plus de 50 cm avec la queue, dont ils se servent comme d’une cinquième main. Ils ne sont pas bâtis d’une très forte carrure comme les gorilles peuvent l’être et préfèrent se battre à coups de hurlements lorsqu’une querelle éclate avec d’autres singes.»

Jardins et saveurs

On laisse derrière nous la jungle pour marcher quelques centaines de mètres sur la plage déserte le long de laquelle des cocotiers se courbent élégamment. Au loin, quelques pêcheurs locaux lancent leur ligne depuis le ponton de bois qui surplombe le bleu turquoise du Golfe Dulce. Nous arrivons après un kilomètre de marche à peine sur l’étendue dégagée de la Valle de los Sainos, aménagée par Playa Cativo en ferme agricole biologique. Ici poussent sans engrais ni pesticide la plupart des légumes et herbes aromatiques utilisés par le chef du restaurant de l'hôtel. Sécateur en main, nous récoltons la laitue, les tomates et la coriandre qui agrémenteront notre entrée du soir.

Avant de partir, Orlando, le responsable de la ferme, ramasse une noix de coco tout juste tombée de l’arbre et la prépare pour nous offrir une dégustation improvisée de son jus et de sa chair fibreuse. Les restes tombés à terre feront le régal des agoutis, ces gros rongeurs des pays d’Amérique tropicale que l’on aperçoit fureter dans les environs de la ferme.

De retour à la Playa Cativo Lodge, en fin d’après-midi, une bonne odeur de sucré nous retient en cuisine lorsque l’on y dépose notre récolte de légumes biologiques. Victor, le chef du restaurant nous propose de participer à la préparation du flan de coco qui est au menu ce soir. Sur le plan de travail, il dépose les œufs fraîchement récoltés au poulailler de la ferme ainsi qu’une noix de coco rapportée du jardin. On prépare le caramel pendant que la pâte repose au réfrigérateur. Une photo souvenir est prise en tablier de cuisinier et l’on peut alors passer à table, face au Golfo Dulce qui nous offre un coucher de soleil royal.

L’orchestre symphonique de la nature se réveille brusquement et nous fait entendre une jolie mélodie interprétée à la fois par les cigales, les perruches et les grenouilles qui se baignent dans la piscine en contre-bas. Le lendemain aux aurores (vers 4 h), ce seront nos amis les singes hurleurs qui joueront à leur tour les réveils matins.

Ce reportage a été rendu possible grâce au Costa Rican Tourism Board (ICT) et à Playa Cativo.

 

 

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Voyage

Séjourner à Playa Cativo

Forfaits de séjour tout compris (transport en bateau depuis l’aéroport, nuitées, tous les repas, activités sur place, massage et service de concierge) à partir de 670 $/pers pour quatre jours (basse saison de mai à octobre), 825 $/pers. (haute saison de novembre à avril). www.playacativo.com