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Leur rêve d’avoir un autre enfant compromis

Des centaines de couples infertiles ont manifesté pour la survie de l’actuel programme de procréation assistée

Des centaines de couples infertiles ont marché dans les rues du centre-ville.
Photo Agence QMI, Joël Lemay Des centaines de couples infertiles ont marché dans les rues du centre-ville.

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Comme Lana Lévis et Dominic Lalande, des milliers de couples infertiles voient leur rêve d’avoir un autre enfant menacé par le projet de loi 20 qui mettrait fin à la gratuité complète du programme de procréation assistée.

«On est chanceux, on a eu notre petit Mathys grâce à la fécondation in vitro. Mais si on veut lui donner un frère ou une sœur, il va falloir hypothéquer à nouveau la maison», a déploré M. Lalande, qui faisait partie hier des centaines de couples infertiles et homosexuels qui ont manifesté dans les rues de Montréal pour dénoncer les modifications au programme annoncées par le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Dans son projet de loi 20 déposé en décembre, le ministre a dévoilé une série de balises afin de limiter l’accès au programme de procréation assistée et ainsi réaliser quelques économies. Pour faire passer la facture annuelle de 70 millions $ à 22 millions $, on veut limiter l’aide gouvernementale offerte à un seul enfant par couple infertile.

Marie-France Drolet et Julie Brouillet rêvent de fonder une famille.
Photo Le Journal de Montréal, Judith Plamondon
Marie-France Drolet et Julie Brouillet rêvent de fonder une famille.

Coûteux traitements

Mais les traitements de fécondation in vitro (FIV) ne sont pas à la portée de tous. Il faut souvent plus d’un essai pour que ça fonctionne et la facture peut facilement grimper jusqu’à 20 000 $.

«Le ministre Barrette se croit en Chine avec sa politique de l’enfant unique. C’est aberrant», a dénoncé Céline Braun, l’une des organisatrices de cette marche de l’espoir.

Dominic Lalande, Lana Lévis et Lucie Paquette étaient du lot.
Photo Le Journal de Montréal, Judith Plamondon
Dominic Lalande, Lana Lévis et Lucie Paquette étaient du lot.

Un couple sur six

Mme Braun a rappelé que l’infertilité touchait un couple sur six au Québec. «Il y a un problème de dénatalité et un nombre croissant de couples infertiles. Si on veut peupler la province, il faut donner aux gens les moyens de faire des enfants», a-t-elle insisté.

Selon M. Lalande, en limitant l’aide offerte à un enfant par couple, le gouvernement de Philippe Couillard envoie le message qu’en cas d’infertilité, «seuls les riches peuvent avoir une famille nombreuse».

Eve-Lyne Cayouette et Paul Tom craignent eux aussi de ne jamais pouvoir avoir un autre enfant après leur petite Danaé, née il y a huit mois grâce à la FIV.

«Juste en médicaments, ça nous aurait coûté 5000 $ pour ma première grossesse, pour une facture totale de peut-être 30 000 $», a souligné la jeune maman.

Son conjoint et elle renonceront à agrandir leur famille si le ministre Barrette ne modifie pas son projet de loi 20 au terme de la commission parlementaire, le 25 mars prochain.

S’il est adopté tel quel, les traitements de FIV ne seront plus gratuits pour tous, même pour un premier enfant. Un crédit d’impôt de 80 % sera offert aux familles gagnant moins de 50 000 $ par année. Plus le ménage est aisé, plus le crédit diminue, pour s’établir à 20 % pour les couples gagnant plus de 120 000 $.

C’est la deuxième fois que les couples infertiles descendent dans la rue pour faire valoir leurs droits, rappelant que «l’infertilité est une maladie, pas un choix».

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