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Encore moins de profs masculins dans les écoles du Québec

En cinq ans, la proportion d’hommes qui enseignent est passée de 23,3 % à 21,6 %

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Martin Benoît enseigne en cinquième année à Sainte-Foy.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés
Martin Benoît enseigne en cinquième année à Sainte-Foy.

Dans les écoles du Québec, les hommes qui enseignent sont plus rares que jamais. Le réseau scolaire compte 1900 profs masculins de moins qu’il y a cinq ans, a appris Le Journal.

Toutes proportions gardées, la diminution est bien réelle puisque les hommes représentaient 23,3 % des enseignants en 2008-2009, un chiffre qui est passé à 21,6 % en 2012-2013, selon les plus récentes données du ministère de l’Éducation. Au secondaire, on en retrouve 36 % alors qu’au primaire, ils ne sont que 15 %. En maternelle, ce nombre chute à... 2 %.

Des modèles

«C’est préoccupant, c’est sûr», lance Gérald Boutin, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM. La présence d’hommes dans les classes permet aux garçons d’avoir des modèles auxquels ils peuvent s’identifier, pour que la lecture ne soit pas qu’une affaire de filles par exemple, explique-t-il.

Si la présence d’hommes est importante dans une école, aucune étude n’a toutefois démontré jusqu’à maintenant que les garçons réussissent mieux lorsqu’il y a davantage d’enseignants masculins, précise M. Boutin. «Ce qui compte avant tout, c’est d’avoir un bon enseignant, peu importe le sexe.»

 

Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés

Promotion du métier

Malgré ce constat, il faut tout de même renverser la vapeur en faisant la promotion du métier d’enseignant dès le secondaire auprès des meilleurs élèves, dit-il.

Même son de cloche de la part d’Égide Royer, professeur spécialisé en adaptation scolaire à l’Université Laval.

La solution passe aussi par une augmentation du taux de diplomation des garçons, ce qui pourrait les amener à être plus nombreux à l’université. M. Royer ne va toutefois pas jusqu’à réclamer des mesures de discrimination positive, comme il l’a déjà fait il y a quelques années.

Les hommes n’ont pas toujours été considérés comme des denrées rares dans le réseau scolaire québécois. En 1990, ils représentaient le tiers des enseignants. Au secondaire, ils ont même été majoritaires jusqu’en 1997.

Nombre de profs masculins dans les écoles du Québec

2008-2009     
20 702 (23,3 %)

2009-2010     
20 165 (22,8 %)

2010-2011     
19 366 (22,3 %)

2011-2012     
19 070 (21,9 %)

2012-2013     
18 828 (21,6 %)


Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés

Pêche sur la glace, course à pied et avions en papier pour intéresser les garçons

Martin Benoît enseigne en cinquième année à l’école primaire Les Primevères, à Sainte-Foy. Cette année, il a fait découvrir à ses élèves la pêche sur la glace et leur a montré comment faire un feu en situation de survie, lors d’une classe neige de quatre jours.

«Je crois que c’est important d’avoir une représentation masculine dans une école pour avoir des activités différentes. Ce n’est pas mieux, mais c’est complémentaire», lance M. Benoît, qui a décidé il y a plusieurs années de travailler avec les enfants après avoir fait du bénévolat comme animateur scout.

Modèles positifs

Christian Véronneau, qui enseigne les sciences à l’école secondaire Roger-Comtois, à Québec, croit aussi que la présence d’enseignants masculins est importante. «On va souvent être plus concret, y aller beaucoup avec l’humour. Les garçons ont besoin de modèles, ce sont eux qui donnent le plus de trouble dans une école», lance-t-il.

Au fil des ans, M. Véronneau a adapté son enseignement pour intéresser davantage les garçons. Pour expliquer à ses élèves les notions de vitesse et d’accélération, il les fait courir dans les corridors de l’école. Pour comprendre comment se comportent des projectiles en plein vol, il les invite à lancer des avions de papier en classe.

Conditions de travail précaires

Selon M. Véronneau, le peu de possibilités d’avancement, le salaire relativement bas et fixe et les conditions de travail précaires des premières années peuvent en partie expliquer le manque d’intérêt des hommes pour l’enseignement.

Même son de cloche du côté de M. Benoît, qui rappelle que depuis une quinzaine d’années, l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières a aussi alourdi le quotidien. «C’est sûr que ça peut jouer sur la motivation», dit-il.

Chose certaine, les profs masculins sont recherchés dans le réseau scolaire. Richard Mercier, un prof qui a enseigné pendant une trentaine d’années au primaire, raconte qu’il y avait plusieurs parents qui demandaient à la direction que leur enfant soit dans sa classe. «On n’est pas meilleurs que les autres. Mais on est une rareté», lance-t-il.

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