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Le Plateau déserté par des proprios excédés

Les mesures censées alléger la circulation compliqueraient les déplacements des résidents

Après 33 ans sur le Plateau, Alain Baratte a décidé de vendre sa propriété.
photo Camille Gaïor Après 33 ans sur le Plateau, Alain Baratte a décidé de vendre sa propriété.

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Circulation complexe, déneigement jugé trop rare et fermeture de commerces sont quelques-unes des raisons pour lesquelles trois voisins de la rue Fabre ont décidé de vendre leur propriété située en plein cœur de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Pour Alain Baratte, résident du quartier depuis 33 ans, les mesures censées alléger la circulation sont de trop. En voulant éviter que les automobilistes traversent l’arrondissement via les rues résidentielles, l’administration municipale aurait restreint la mobilité des résidents.

«Je n’ai pas de problème avec les gens qui traversent [le quartier]. J’habite en ville, j’accepte la circulation, plaide-t-il. Mais ils veulent qu’on prenne les axes principaux, Papineau, Mont-Royal et Saint-Joseph. Il y aura encore plus de trafic et surtout on fait beaucoup de détours.»

Labyrinthe

Sens unique, interdictions de tourner, ce designer d’intérieur qui a récemment mis en vente son cottage déplore le labyrinthe à traverser pour sortir et rentrer chez lui.

Chez son voisin, Serge Woltz, propriétaire depuis 1974, même son de cloche. «C’est beaucoup moins vivable, confirme l’homme dans la soixantaine qui vendra l’an prochain. Certaines décisions liées à la circulation sont mal pensées et injustifiées.»

Francis Larocque était heureux de s’installer dans ce quartier il y a cinq ans. Mais depuis, il dit accumuler les frustrations.

«Avec une voiture, [les problèmes] de circulation et de déneigement, je trouve cela difficile, avoue le comptable. Ce qui m’affecte, c’est le déclin général du Plateau. Beaucoup de commerces ferment, dont des restaurants qui étaient là depuis 20 ans! Et ceux qui ouvrent semblent de moins bonne qualité.»

Entreprises

Luc Ferrandez, Maire du Plateau
Photo d'archives
Luc Ferrandez, Maire du Plateau

Selon des données compilées par la Société de développement de l’avenue du Mont-Royal, depuis le 1er janvier 2013, 66 entreprises ont fermé et 79 autres ont ouvert.

«Ces données ne dressent pas un portrait de la profitabilité des entreprises, ni [du] type et [de] la qualité [de celles] qui ont ouvert», de préciser Charles-Olivier Mercier, directeur général de la Société.

Conscient que son quartier demeure «une des seules places où il est possible de magasiner, sortir et aller au théâtre à moins de cinq rues», Francis Larocque craint cependant que ces mesures aient des effets néfastes à long terme.

Une considération prise au sérieux par Nicolas Roverselli, courtier immobilier et président de Plateau Immobilier, en affaires depuis une quinzaine d’années.

«Depuis deux ou trois ans, l’attrait du Plateau a baissé, constate-t-il. Les gens qui veulent rentrer chez eux mettent plus de temps, le stationnement est plus difficile et plusieurs bons magasins et restaurants ont disparu.»

Malgré tout, le quartier demeure recherché pour la proximité des services. Projet Montréal n’a pas souhaité réagir.

 

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