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Altercation entre journalistes et un étudiant: une tempête dans une tasse de café

Altercation entre journalistes et un étudiant: une tempête dans une tasse de café

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Une altercation entre des journalistes du FM93 et un étudiant gréviste, lundi, est montée en épingle sur la place publique alors qu’il demeure difficile de départager le vrai du faux. Chacun a raconté sa version. Chacun accuse l’autre de cacher des faits.
 
En résumé, c’est l’histoire de trois hommes piqués au vif qui se sont chamaillés dans une cage d’escalier du pavillon De Koninck et qui disent que c’est l’autre qui a commencé. L’altercation s’est produite vers 9 h, quelques minutes après le branle-bas de combat qui a mené à l’expulsion par les policiers d’étudiants qui voulaient assister à leur cours. Les grévistes ont bloqué l’accès à la classe aux autres étudiants, ils étaient nombreux et bruyants. Le journaliste Jean-Simon Bui décrivait les faits en direct à la radio dans l’émission de Sylvain Bouchard. Son collègue Patrick Bégin était avec lui.
 
Jusque-là, tout le monde s’entend. Voici la suite: selon un témoin, Charles Ouellet, un étudiant en grève avait pris l’initiative d’épier les faits et gestes du journaliste avec sa caméra. Les deux journalistes descendaient les escaliers et ont croisé un manifestant. «Il s’est approché avec un sourire baveux que certaines personnes auraient pu trouver provocant.»
 
Le témoin confirme ce qu’a aussi constaté le représentant du Journal: ces deux journalistes ont eu une dure matinée au milieu du groupe de manifestants. Les animateurs vedettes du FM93 sont pour le moins hostiles aux grèves étudiantes. Les manifestants le savaient et ils ne se sont pas gênés, sur place, pour invectiver les deux journalistes. Ces derniers n’ont pas eu que des mots doux non plus. M. Bui, qui d’ailleurs n’a jamais caché son penchant pour les carrés verts, a raconté au Journal avoir été «étampé dans le mur» et frappé dans les côtes quelques minutes auparavant.
 
Dans les escaliers, l’autre journaliste, Patrick Bégin, s’est senti provoqué par l’attitude de l’étudiant. «Il l’a poussé à deux mains pour lui dire «calme-toi». C’était une sorte de réflexe comme pour dire «tu me tannes, éloigne-toi». Rappelons que les deux journalistes ont été suivis de très près toute la matinée, «à deux pouces de la face», raconte M. Bui.
 
L’étudiant a aussi eu une réaction instinctive et a balancé au visage de M. Bégin le contenu de sa tasse de café. Du café tiède, et non pas chaud. Piqué au vif, le journaliste a saisi l’étudiant par la gorge et s’est élancé comme pour le frapper, mais en a été empêché par notre témoin, Charles Ouellet.
 
L’étudiant en question se nomme Julien Jolicoeur. Il a eu des marques rouges au cou. Mais il n’y a pas eu mort d’homme, pas de blessés, pas d’arrestations. Même M. Jolicoeur ne se considère pas blessé. Il a tout de même fait une déposition au Service de sécurité de l’Université Laval. «Je n’ai jamais considéré qu’un sourire, même arrogant, méritait de se faire pousser. Ni un café lancé de se faire frapper», dit-il.
 
Cette modeste rougeur au cou prouve, selon Julien Jolicoeur, qu'il a été agrippé par l'employé du FM 93.
Courtoisie Julien Jolicoeur
Cette modeste rougeur au cou prouve, selon Julien Jolicoeur, qu'il a été agrippé par l'employé du FM 93.
 
Même si les témoignages se recoupent, dans leurs entrevues et leurs communications, les deux parties ont omis des faits. Dans un communiqué, les étudiants tendant à minimiser le rôle de M. Jolicoeur. M. Bui, de son côté, n’aurait pas raconté, à la radio, que son collègue est passé à un cheveu de frapper l’étudiant et qu’il l’a, selon les témoins, empoigné à la gorge.
 
Les grévistes ont même montré du doigt la Fédération professionnelle des journalistes qui, dans un communiqué sur des «agressions inadmissibles contre des journalistes», parlait d’un «café chaud» lancé au visage. Les étudiants ont déploré le manque d’écoute de la Fédération qui, peu de temps après, a nuancé sa version des faits racontée sur son site web.