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La pointe claire, P.Q.

17 juillet 1880

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Avant Après
photo courtoisie BAnQ P600, S5, PIMC27
photo pierre-paul poulin

Brèves

1- La pointe claire

JdeM-Régulier
De cette presqu’île dénudée, il est possible de voir «clairement» les baies environnantes, même tard le soir, d’où son nom. Exposée aux forts vents du lac Saint-Louis, la Pointe est le lieu tout désigné pour bâtir un moulin à vent. Léonard Paillard s’en charge en 1709-1710. Ce charpentier chevronné ayant élevé 14  moulins à vent lui donne des meurtrières, fait particulier, pour que la tour fasse office de redoute en cas d’attaque! À l’usage des paysans jusqu’en 1866, le moulin est légué aux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Il reste un repère dans le cœur des citoyens qui en font leur emblème municipal en 1911. Il est même rénové partiellement en 1963 et en 1967. Sur les 200  moulins construits depuis la colonie française, 
17 sont encore debout, dont le moulin de Pointe-Claire. Sans contredit, il s’agit d’un legs exceptionnel à protéger pour les générations futures.

2- Une église qui ne fait pas long feu …

JdeM-Régulier

La jolie gravure nous montre la troisième église de Pointe-Claire. Peu d’images témoignent de son existence. Pas étonnant. Son histoire fut courte et mouvementée! C’est en 1857 que la Fabrique prend la décision de construire une nouvelle église. Le clocher et la toiture de la précédente menaçaient de s’effondrer et les sépultures sous les bancs répandaient une odeur peu invitante. Les plans d’une nouvelle église plus spacieuse de style néo-gothique sont alors dessinés par Victor Bourgeau, un architecte apprécié du clergé. Les travaux s’amorcent en 1868. En 1870, l’entrepreneur Herménégilde Viau, considéré insolvable, prend la poudre d’escampette et file en Californie! La construction reprend avec l’entrepreneur François Archambault. L’église est sur le point d’être terminée quand un incendie se déclare le diman­che de Pâques 1881. Des années d’efforts s’envolent en fumée. Heureusement, l’église est assurée pour 75 000 $. Quatre ans de patience et de travaux ­seront nécessaires pour reconstruire sur le même site l’église actuelle.

3- Le couvent, un futur incertain ?

JdeM-Régulier

Le couvent des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame était autrefois un lieu plein de vie! Fondée par Marguerite Bourgeoys, la Congrégation de Notre-Dame de Montréal s’occupe de l’éducation des jeunes filles depuis 1653. Installée à Pointe-Claire depuis 1784, l’école est reconnue en 1831 pour son excellence «par rapport à l’éducation élémentaire, à la modestie et la politesse qu’on y enseigne». Le premier couvent construit en 1787 étant en mauvais état, les sœurs en font construire un nouveau selon les plans d’Henri-Maurice Perrault, à ­côté du moulin, en 1867. Elles obtiennent de la Fabrique l’usufruit de la Pointe. Ce chef-d’œuvre du classicisme anglais est sauvé de la destruction par des citoyens de Pointe-Claire en 1961. Les dernières religieuses ayant quitté le couvent en 2014, la Pointe doit trouver une nouvelle vocation. C’est au tour de la Société pour la Sauvegarde du Patrimoine de Pointe-Claire de se mobiliser pour préserver ce lieu emblématique qui a donné son nom à la ville.