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Manifester, ce n’est pas un jeu

Manifester, ce n’est pas un jeu
photo courtoisie

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Les images de la jeune Naomie Tremblay-Trudeau blessée par un policier de Québec jeudi dernier sont tristes à pleurer.

En la voyant, j’ai pensé aux deux enfants de ma blonde. Deux cégépiens qui lisent le journal de l’ASSÉ, deux jeunes adultes qui en ont contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard.

J’espère que jamais, ils ne se retrouveront le visage à quelques pouces d’un policier armé jusqu’au cou, dopé à l’adrénaline.

Comment cette jeune fille en apparence pacifique a-t-elle pu se retrouver là?

Quel chemin intellectuel a-t-elle parcouru avant de sortir de chez elle pour aller manifester avec des casseurs qui ne cherchaient qu’à provoquer les policiers de Québec?

Je comprends que dans certains pays, des jeunes puissent risquer leur vie et leur intégrité physique pour dénoncer de vraies inégalités sociales.

Mais au Québec? Sérieux? Il faut être d’une naïveté déconcertante pour penser que la situation politique actuelle justifie de prendre le risque d’être défiguré dans une manifestation violente.

Mauvaise foi

Si les images de la manifestation démontrent que le policier a manqué de jugement en visant la tête de la jeune fille, elles démontrent aussi que les manifestants ont fait preuve d’une évidente mauvaise foi.

Avez-vous vu et entendu les policiers demander et faire signe à plusieurs reprises aux manifestants de reculer?

Avez-vous vu la vidéo tournée par Marc Vallières, le caméraman de QMI qui montre clairement un adolescent aller plaquer un policier de l’escouade antiémeute avec une telle violence qu’il a réussi à le projeter au sol?

Malheureusement, quand on s’associe à ce genre de petits «bums», on risque de manger un coup de matraque ou des gaz lacrymogènes en pleine figure. Ou d’être mordu par un chien policier.

Vous savez quoi? On peut même mourir étouffé ou piétiné dans une manifestation de ce genre. Faudrait le réaliser. Participer à une démonstration de désobéissance civile n’a rien de banal, ce n’est pas un jeu qu’on pratique entre deux joints pour le fun.

Cela n’excuse pas le geste du policier. Mais Noémie Trudeau-Tremblay n’aurait pas dû se trouver là à mon avis. Le lendemain, elle reconnaissait elle même en entrevue au Journal, que les manifestants avaient provoqué les policiers et qu’elle serait plus prudente à l’avenir.

Bienvenue dans la réalité

L’histoire de cette étudiante est une belle occasion pour nous, les parents, d’avoir de belles discussions avec nos jeunes révolutionnaires. Des discussions sur la réalité. Des discussions sur les policiers qui oui, peuvent parfois perdre les pédales malgré leur formation.

Des discussions sur l’austérité aussi. Nos enfants ont peut-être besoin qu’on leur montre à voir ce qui se passe au Québec avec une perspective mondiale. Ils vivent après tout, dans un pays où les inégalités sociales n’ont rien à voir avec la vraie misère humaine.

Militer, voter, manifester pacifiquement et légalement, c’est admirable et même nécessaire. C’est sain.

Mais descendre dans la rue avec des militants qui prônent la désobéissance sociale, c’est risqué.


Les jeunes sont-ils assez conscients des risques encourus à participer à des manifestations de désobéissance civile ?

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