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Les cartes menacées

Les géants du web veulent s’emparer du marché des transactions bancaires

guillaume kittel-ouimet
Photo Le Journal de Montréal, Marie-Ève Dumont Le jeune entrepreneur Guillaume Kittel-Ouimet est un adepte de paiement par mobile et voit d’un bon œil l’arrivée de nouveaux produits dans le domaine qui permet de rendre plus accessible et plus rapide le paiement électronique.

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Après avoir fait pratiquement disparaître l’argent comptant et les chèques, les cartes de débit et de crédit pourraient bientôt être chassées à leur tour de nos portefeuilles avec la multiplication de nouveaux modes de paiement sur le web et par téléphone mobile.

Après avoir fait pratiquement disparaître l’argent comptant et les chèques, les cartes de débit et de crédit pourraient bientôt être chassées à leur tour de nos portefeuilles avec la multiplication de nouveaux modes de paiement sur le web et par téléphone mobile.

«La bataille des prochaines années sera d’avoir la main mise sur les transactions bancaires, c’est un marché qui est très lucratif. Le défi sera de simplifier le plus possible le processus de paiement», explique Cédric Fontaine, consultant internet et commerce en ligne.

Les géants comme Google, Facebook et Apple veulent littéralement prendre le contrôle du commerce électronique en simplifiant le plus possible la méthode de transaction.

Ce marché est en forte progression un peu partout dans le monde et le Québec n’échappe pas à la tendance.

Selon des données compilées par CEFRIO, un adulte sur deux a effectué un achat en ligne en 2014. De ces achats, le pourcentage effectué via mobile, que ce soit téléphone ou tablette, est passé de 8 % en 2014 à 21 % en 2014.

Pour Google, c’est par Gmail qu’il compte faire sa révolution en permettant le paiement de factures (cellulaire, câble, assurances) directement de sa boîte courriel.

Facebook souhaite de son côté permettre l’échange d’argent entre amis Facebook en ajoutant un bouton «$» dans son application de discussion privée Messenger.

Amitié et paiement

«On pourra gérer nos relations d’amitié en même temps que nos paiements. Ces deux nouvelles applications seront pratiques, rapides et ça réduira toute une gamme de mots de passe», mentionne Pierre Trudel, professeur en droit du commerce électronique à l’Université de Montréal.

La façon de payer en magasin est aussi en voie d’être modifiée avec Apple Pay. Plus de besoin de cartes, il ne suffit que de passer son iPhone sur le moniteur dans le commerce et le paiement est effectué.

Déjà la compagnie Coca-Cola a annoncé qu’elle installerait 100 000 distributrices compatibles avec Apple Pay avant la fin de l’année aux États-Unis.

«Le paiement par mobile, c’est que ça permet d’accélérer les ventes et c’est très facile et peu coûteux à utiliser pour les petits entrepreneurs», explique Guillaume Kittel-Ouimet, propriétaire de Kittel Compagnie de Café.

Le produit c’est vous !

Toutes ces applications semblent bien conviviales pour le client, mais attention, ces compagnies ne le font pas seulement pour votre grand plaisir.

«Si le service est gratuit, c’est que c’est vous, le produit», résume M. Fontaine.

«Ces compagnies auront nos habitudes et le genre de paiements que l’on fait, ces informations pourraient être ensuite revendues pour faire de la publicité ciblée. C’est toujours plus d’informations, la vie privée diminue», s’inquiète Alain Mckenna, blogueur techno.

Du côté de la sécurité, le système d’Apple connaît par ailleurs des ratés, alors que des pirates s’en servent pour utiliser des données bancaires volées. Les banques américaines tentent de pallier ce problème qui serait lié à leur système de sécurité et non à celui des téléphones.

M. Trudel s’inquiète quant à lui de l’absence de retour dans les poches du gouvernement lors de ces transactions.

«Les entreprises qui traitent des paiements sont taxées. Le gouvernement doit se réveiller et légiférer. Le commerce électronique est un domaine névralgique en plein essor, il faut régir sinon ils garderont le contrôle sans rien nous devoir», insiste-t-il.


De nouvelles façons de payer

Pony Express de Google
 
L’application permettra de payer ses factures usuelles directement de sa boîte courriel. Plus besoin de passer par son institution financière ou par la poste.
 
Il ne suffira que d’entrer ses données personnelles et bancaires dans son compte pour effectuer le paiement. 
 
L’application permettra aussi de séparer la facture entre plusieurs utilisateurs. 
 
Une disposition utile par exemple pour les colocataires qui paient chacun la moitié des comptes.
 
 
Un bouton « $ » sur Facebook
 
En cliquant sur le logo «$» lors d’une discussion privée sur l’application Messenger, il sera possible d’envoyer de l’argent à ses amis Facebook en écrivant tout simplement le montant voulu. 
 
Encore une fois, il faudra inscrire ses données bancaires pour permettre la transaction d’un utilisateur à un autre. La possibilité d’effectuer des paiements est aussi à prévoir.
 
 
Apple Pay
 
Le téléphone devient la carte de crédit de l’utilisateur.
 
Il suffit d’approcher son iPhone du terminal de paiement. L’Apple Pay génère une carte virtuelle unique à partir des données bancaires saisies. 
 
L’ensemble de l’opération n’est ensuite validé que si l’empreinte digitale de l’usager, enregistrée au préalable, est reconnue par son téléphone.
 

Bientôt offert ?

Ces nouvelles applications devraient être lancées aux États-Unis au courant de l’année 2015, sauf pour Apple Pay qui est déjà offert sur les iPhone 6, iPhone 6 Plus et Apple watch chez nos voisins du Sud.
 
On ignore quand exactement ces technologies seront lancées au Canada, mais dans le cas du service d’Apple, la Banque RBC ferait des essais à l’interne depuis la fin février.

 

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