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Jeunesse québécoise : ni rose ni noire

Jeunesse québécoise : ni rose ni noire
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Ainsi, quoi qu’en pensent les jeunes radicaux qui militent pour le renversement du système capitaliste, la jeunesse québécoise n’est pas révolutionnaire, mais réaliste.

C’est ce qui ressort d’un sondage Léger publié dans Le Devoir et commandé par l’Institut du Nouveau Monde.

Solidaire ou solitaire ?

Flottant entre les «lendemains qui chantent» et le désenchantement, tournant le dos à la fois aux utopies rose bonbon de leurs grands-parents et au cynisme désespéré de leurs parents, les jeunes du Québec sont pragmatiques.

Si on pouvait résumer leurs positions en deux slogans, ce serait «Aide-toi et le ciel t’aidera» et «Si chacun changeait son monde, le monde changerait».

C’est bien beau de vouloir changer le monde, mais si ta maison est toute croche et si ta vie est sens dessus dessous, à quoi ça sert? La révolution, ça commence d’abord et avant tout dans ta cour.

Si tout le monde balayait son perron, la ville serait plus propre.

Même pragmatisme du côté de l’économie. Pour la jeunesse québécoise, la dette n’est pas qu’une vue de l’esprit, un alignement abstrait de chiffres qui ne veulent rien dire.

C’est une réalité.

Tu veux te faire une place au soleil? Cesse de toujours te tourner vers l’État. Fonce plutôt dans le tas et relève tes manches.

Terminée, l’époque où les Québécois levaient le nez sur les entrepreneurs. Les jeunes rêvent désormais de fonder leur propre business – afin, j’imagine, de mieux contrôler leur avenir et, pourquoi pas, leur emploi du temps.

Dans les années 1950, Albert Camus se demandait s’il fallait être solidaire ou solitaire.

Les jeunes répondent: les deux.

Pour paraphraser la vieille blague d’Yvon Deschamps sur le Québec: l’homme idéal, selon la jeunesse québécoise, c’est un individu autonome dans un monde uni.

Le masque à oxygène

Vous écoutez les consignes de sécurité dans les avions? Vous vous souvenez de ce qu’on nous conseille, en cas de dépressurisation soudaine dans l’appareil?

«D’abord, mettez votre masque à oxygène, puis, une fois qu’il est bien en place, aidez vos proches à mettre le leur.»

Toi d’abord, les autres ensuite.

Car si tu ne mets pas ton masque, tu tomberas dans les pommes et tu ne pourras pas aider ceux qui ont besoin de ton aide, avec le résultat que tout le monde va crever.

Ça définit parfaitement la vision qu’ont les jeunes de la société.

La meilleure façon de bien aider les autres est d’abord de s’aider soi-même.

En fondant une entreprise, tu assures ton avenir. Mais tu crées aussi des emplois et tu participes à remplir les coffres du gouvernement.

Le bonheur individuel n’est pas incompatible avec le bonheur collectif.

La meilleure façon de protéger l’environnement n’est pas de manger des graines, mais de créer des entreprises spécialisées dans la fabrication de technologies vertes.

Tu participes à la croissance économique tout en travaillant à créer un monde moins polluant.

Qui a dit que l’économie et l’écologie ne pouvaient pas coucher dans le même lit?

Les moyens de rêver

Comme le beau temps, je trouve ce sondage stimulant.

Ça montre que les jeunes ne sont ni égoïstes ni naïfs.

Ils continuent à rêver à un monde meilleur... mais ils gardent les deux pieds sur terre.

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