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L’autre jeunesse québécoise

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Du grabuge à l’UQAM jusqu’à l’affiche «FUCK TOUTE» tenue par un manifestant, l’image projetée de la jeunesse québécoise est celle d’une génération révoltée et révolutionnaire. On peut même voir poindre un fort côté anarchiste dans les actions et les discours de certains étudiants qui portent le masque, refusent de partager leurs points de vue aux médias et confrontent systématiquement les policiers.

Dans un vaste sondage commandé pour dresser son État du Québec 2015, l’Institut du Nouveau Monde présente un portrait différent de la jeunesse québécoise. On y présente une jeunesse beaucoup plus réaliste, peut-être même trop réaliste aux yeux de certains qui considèrent que la jeunesse devrait toujours baigner dans l’idéalisme.

L’héritage

Les jeunes sont conscients de l’héritage pénible qu’ils reçoivent et sont inquiets de ce qu’ils vont eux-mêmes laisser comme héritage. Ils semblent conscients du poids de la dette, ils sont préoccupés par l’environnement. Ils se fient d’abord à eux-mêmes pour améliorer leur sort et croient assez peu à l’État-providence comme solution à tout.

Ils veulent réussir dans la vie, tant sur le plan financier, professionnel que familial. Ils pensent que le mieux-être de la société s’acquiert pas à pas, par la contribution de chacun, et non par la révolution. En résumé, on y découvre clairement que si un radicalisme très à gauche existe, il est loin d’être le courant majoritaire.

Ce portrait est bien utile à un moment où des jeunes cagoulés survoltés laissent entendre dans leurs slogans qu’ils parlent et agissent au nom «des jeunes». C’est faux. Certains de leurs partisans se plaisent à dire que lors de difficiles interventions, les policiers frappent sur «la jeunesse québécoise». Ces tournures sont dérisoires. Les policiers interviennent, lorsqu’ils y sont forcés, auprès d’individus qui ont personnellement décidé de refuser d’obtempérer dans une manifestation qui dépasse les bornes.

Les cagoulés

L’impression qu’on peut avoir, c’est que la jeunesse bruyante, celle qui prend la rue, celle qui empêche la tenue des cours, elle est la seule qu’on entend et qu’on voit. Les jeunes qui travaillent, les jeunes qui étudient, les jeunes qui veulent étudier, mais qu’on empêche, le poids de leur voix semble infiniment petit même s’ils sont tellement plus nombreux et représentatifs.

Certains vont même jusqu’à dévaloriser cette jeunesse majoritaire. La palme de la pire déclaration en la matière revient au député Amir Khadir. Il a qualifié les casseurs de l’UQAM comme faisant partie «des plus dynamiques et plus éveillés de nos jeunes». Sous-entendu que ceux qui étudient sérieusement, ceux qui ont rejeté la grève pour se concentrer sur la réussite de leur session sont quoi? De gros endormis? Des ankylosés apathiques?

Puis-je lancer l’hypothèse que ces jeunes étudient pour préparer leur avenir et en même temps le nôtre? Ces jeunes portent en eux un idéal personnel et collectif, mais ils auront nombre de moyens démocratiques de les exprimer, autres que la suspension de leurs propres cours.

Notre jeunesse majoritaire inspire confiance. Heureux de la voir démasquée!

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