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Marché noir dans les CHSLD: Québec savait depuis 4 ans

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Photo Archives / Agence QMI

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Le ministère de la Santé sait depuis plus de trois ans de l'existence d'un marché noir pour les bains et d'autres extras dans des établissements de santé du Québec. Le ministre Gaétan Barrette en a été informé il y a 10 mois.

Le pdg de la Fédération des préposés aux bénéficiaires du Québec, Michel Lemelin, dit avoir rencontré le ministre de la Santé le 17 juillet 2014. «On lui a dit que des gens travaillaient sans assurance et recevaient de l'argent en-dessous de la table», a confié M. Lemelin.

Mercredi, Gaétan Barrette a soutenu avoir appris l'existence d'un marché noir pour la prestation de certains services supplémentaires de la bouche du député caquiste François Paradis. «Le député de Lévis nous fait part de données qui n'ont pas été portées à notre connaissance (...) Je n'ai pas de faits», a répondu M. Barrette à une question du député de la CAQ.

Dès décembre 2011, la Fédération des préposés aux bénéficiaires informait le ministère de la Santé de l'existence de ce marché noir. «Le gouvernement était au courant et n'a rien fait», s'est insurgé le député de Lévis.

Dans sa lettre envoyée à l'ex-ministre de la Santé Yves Bolduc, la Fédération signalait que «des individus sur l'aide sociale offrent des services aux familles ou directement aux clients afin d'obtenir un bain ou autres services supplémentaires moyennant une somme pouvant aller de 20 $ à 40 $ en argent non déclaré.»

Les extras consistent aussi à offrir des services de coupe d'ongles et de friction, a précisé M. Lemelin en entrevue. Ces services sont souvent requis par les clients, leur famille ou offerts par les préposés. Le phénomène existe dans des hôpitaux, des CHSLD et des résidences pour personnes âgées, a-t-il ajouté, refusant toutefois d'indentifier quelqu'établissement.

«Sans formation»

«Comment se fait-il que des gens sans formation, recrutés sans entrevue, vont se retrouver aussi facilement dans le réseau de la santé», demandait Michel Lemelin dans sa lettre dont copie avait été envoyée au premier ministre Jean Charest, au sous-ministre de la Santé Jacques Cotton et à la ministre Kathleen Weil.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a fait savoir jeudi que le marché noir pour les services supplémentaires était plus répandu qu'il ne l'avait cru. «Malheureusement je suis forcé de constater que ça existe à une plus grande échelle (...) dans plus d'une région. Une directive formelle a été envoyée au réseau d'arrêter ces pratiques», a déclaré M. Barrette.

La Fédération de la Santé et des services sociaux (CSN) dit avoir appris l'existence de ce marché noir dans Le Journal. «Ce n'est pas une bonne idée de faire ça», a dit le président Jeff Begley qui y voit l'indication que le niveau de service est insuffisant. «Le ministère de la Santé dit qu'un bain par semaine c'est suffisant, ça n'a pas d'allure (...) On ne donne même pas le service minimum», a dit M. Begley.

Michel Lemelin soutient que la création d'un ordre professionnel des préposés aux bénéficiaires permettrait d'imposer des balises pour la prestation de services.

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