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Le Cirque du Soleil

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Quelques citations tirées du dossier publié dans Le Journal de vendredi, intitulé «L’acheteur du Cirque du Soleil veut rassurer les Québécois».

«Le groupe qui met la main sur le Cirque du Soleil N’AURAIT pas l’intention de déménager le fleuron québécois hors de Montréal. [...] Le siège social et les activités au Québec seront AU MOINS protégés par la présence de la Caisse de dépôt et de Guy Laliberté, dont la présence au conseil d’administration est QUASI assurée».

«Il SEMBLE y avoir consensus que ce soit une bonne transaction pour le Québec SUR UN HORIZON DE CINQ OU SIX ANS. Après cela, on s’attend à ce que les Américains revendent le Cirque et LE METTENT EN BOURSE».

Rio Tinto Alcan

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, mais il ne faudrait pas quand même prendre les gens pour des valises!

Les Québécois comprennent que le Cirque du Soleil, l’une des entreprises dont ils sont les plus fiers, va passer sous contrôle étranger. Avec les conséquences qui en découleront nécessairement, dans un capitalisme mondialisé qui se préoccupe avant tout du profit.

François Legault a raison de rappeler que, huit ans après les belles promesses ayant accompagné la prise de contrôle d’ALCAN par Rio Tinto, il ne reste plus personne au siège social montréalais. Et Stéphane Bédard fait bien de souligner que ce qui manque beaucoup dans ce dossier, c’est le leadership, la volonté de maintenir cette propriété québécoise.

Ce n’est pas le premier ministre de la seule société majoritairement francophone du continent qui va les contredire. Reniant la pratique issue de la Révolution tranquille d’un État interventionniste quand c’est nécessaire, Philippe Couillard précise qu’il n’est pas question que le gouvernement s’implique dans une transaction privée.

Pointe Saint-Charles

Comme le dit Legault dont c’est le domaine, le Québec est doté d’un premier ministre pour qui un groupe de gens d’affaires québécois, c’est la même chose qu’un groupe d’affaires du Texas. Une soumission à ce point totale aux impératifs du capitalisme international, dans un dossier aux éléments identitaires aussi évidents, serait difficilement imaginable dans d’autres sociétés.

On ne saurait reprocher à Guy Laliberté de déterminer en partie ses choix en fonction de ses intérêts individuels. Même s’il n’existe pas de solution magique à l’affaire, il reste aberrant que le gouvernement ne s’occupe pas plus des intérêts collectifs québécois là-dedans.

S’il n’intervient pas dans un dossier aussi majeur au plan économique et culturel, quand le fera-t-il?

Nous payons enfin le prix pour avoir bêtement refusé en 2006 la proposition de Guy Laliberté d’ancrer le Cirque à Montréal, avec un grand projet de développement dans Pointe-Saint-Charles, comportant un casino ayant suscité l’indignation des groupes communautaires.

C’est donc dans les casinos de Las Vegas que les Québécois dépenseront leur argent pour voir leurs deux réussites culturelles de stature mondiale, Céline et le Cirque du Soleil.


Le gouvernement Couillard doit-il intervenir dans la vente du Cirque du Soleil ?

 

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