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Failcamp : changer le monde, un échec à la fois

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Plus de 250 personnes étaient entassées dans la Satosphère de la Société des arts technologiques, vendredi dernier, pour entendre Martin Juneau, Jean-Jacques Stréliski, Kim Thomassin, Mitsou Gélinas et plusieurs autres personnalités publiques raconter les échecs qui ont parsemé leurs carrières.

Ça prend un certain courage pour admettre ses échecs en public.

Dans une société qui mesure la valeur des individus à leur réussite – qu’elle soit financière, professionnelle ou personnelle – l'échec est un tabou dont on ne parle que trop peu.

Afin de démystifier et dédramatiser un peu l’échec, ou le fail, comme on le désigne souvent sur Internet, nous avons rencontré Gabrielle Madé, coorganisatrice et responsable des communications du Failcamp, une conférence vouée à l’échec – littéralement – mais qui fut tout de même un franc succès.

 

«On a-tu le droit de le dire quand on est pas bons?»  – Gabrielle Madé

Mitsou Gélinas présente son parcours en tant qu'entrepreneure.
© Mikael Lebleu | Journal de Montréal
Mitsou Gélinas présente son parcours en tant qu'entrepreneure.

«Il n’y a pas d’espace public pour parler d’échec, d’espace respectueux», déplore d’emblée Gabrielle Madé. «On ne voit jamais personne aller à Tout le monde en parle raconter sa faillite.»

Pourtant, il y a quelque chose de quasi thérapeutique à entendre des personnalités connues parler de leurs échecs :

«Moi j’ai envie de les entendre ces histoires-là», s’exclame Gabrielle. «Ça fait tellement du bien, quand tu sais qu’il y a des gens que tu admires, qui eux aussi ont eu des passages à vide, qui eux aussi ont eu des moments vraiment poches, ça fait du bien, ça enlève une pression sur les épaules.»

Fondé en 2011 par l’évangéliste techno Frédéric Harper chez Microsoft Canada, puis repris l’an dernier par Gabrielle Madé, Francis Gosselin et Rami Sayar, Failcamp a pour objectif de «légitimer l’échec dans le discours public afin d’encourager la prise de risques», et ce à travers les témoignages de diverses personnalités issues de différents milieux – les affaires, la restauration, les médias, ou encore la politique.

Francis Gosselin et Mélanie Joly
© Mikael Lebleu | Journal de Montréal
Francis Gosselin et Mélanie Joly

L’an dernier, Mélanie Joly était venue parler du lancement désastreux de sa campagne lors des élections municipales de 2013.

«C’est arrivé à un moment où elle avait besoin d’en parler, elle avait besoin de mettre des mots sur son expérience», se rappelle Gabrielle Madé. «Ça lui a permis personnellement de passer à autre chose.»

L’expérience a tellement plu à la jeune politicienne qu’elle a décidé cette année de rejoindre l’organisation en tant que responsable des ventes et du marketing et co-animatrice de l’événement.

Bref, une troisième édition couronnée de succès, malgré la chaleur accablante qui régnait sous le dôme de la Satosphère. On ne peut pas réussir sur tous les coups!

 

«On n’apprend pas de nos erreurs, mais on comprend.» – Jean-Jacques Stréliski

Les entrepreneurs en série Sébastien Provencher et Sylvain Carle discutent de l'échec de leur compagnie Needium avec l'animateur, Francis Gosselin.
© Mikael Lebleu | Journal de Montréal
Les entrepreneurs en série Sébastien Provencher et Sylvain Carle discutent de l'échec de leur compagnie Needium avec l'animateur, Francis Gosselin.

L’occasion était trop belle, nous avons demandé à quelques-uns des participants et des organisateurs du Failcamp 2015 de nous raconter un échec – personnel, académique ou professionnel – qui les a particulièrement marqués.

Jean-Jacques Stréliski

Cofondateur de l’agence Cossette, cumulant une expérience de plus de 35 ans en publicité, aujourd’hui professeur associé aux HEC, père de trois enfants et maintenant grand-père, on ne peut pas dire que Jean-Jacques Stréliski ait raté sa vie. Pourtant, il s’est lui aussi frappé à un mur lors de son aventure parisienne avec l’agence BCP.

Martin Juneau

Le restaurateur Martin Juneau a connu plusieurs échecs dans sa carrière, dont la fermeture de son restaurant La montée de lait, qui l’a presque mené à la faillite, mais c’est plutôt de son tout récent divorce qu’il a choisi de nous parler.

Mélanie Joly

Malgré sa «demi-victoire» aux élections municipales de 2013, où elle s’est classée deuxième derrière Denis Coderre, la campagne de Mélanie Joly n’a pas été de tout repos. Ce qui ne l'a pas empêchée de se relancer dans l'arène politique en 2015, cette fois-ci sur la scène fédérale.

Francis Gosselin

Cofondateur du volet montréalais des conférences Creative Mornings, président et associé cofondateur de f. & co, directeur de la programmation du Failcamp, Francis a le vent dans les voiles. Mais ça n’a pas toujours été le cas.

Sébastien Provencher et Sylvain Carle

Sébastien Provencher et Sylvain Carle ont tous deux des carrières enviables : après un séjour de quelques années chez Twitter, à San Francisco, Sylvain est de retour à Montréal en tant que directeur général de FounderFuel et associé chez Real Ventures, et Sébastien est PDG et fondateur de Folders, une startup de gestion des données pour les entreprises.

Mais avant d’en arriver là, les deux entrepreneurs en série se sont aussi solidement plantés avec leur compagnie Needium, le sujet de leur conférence au Failcamp. Mais pour les besoins de cet exercice, c’est plutôt de leur parcours académique qu’ils ont décidé de nous parler. 

 

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