/misc
Navigation

Un long processus pour Eugenie

Eugenie Bouchard
photo d'archives Eugenie Bouchard

Coup d'oeil sur cet article

Le court retour à la maison d’Eugenie Bouchard n’aura pas eu le résultat escompté, au contraire. En quête de victoires, «Genie» a plutôt quitté Montréal avec deux défaites, deux autres, sur fond de controverse, de surcroît.

C’était plus que décevant; c’était triste. Ces deux matchs à l’aréna Maurice-Richard, devant des Roumaines coriaces mais battables, auraient dû servir à rebâtir une confiance mal en point. Au lieu de cela, c’est une Bouchard dépitée, parfois irritée, qui s’est présentée en conférence de presse après son second revers.

Il y a deux mois à peine, elle était en quart de finale des Internationaux d’Australie. Certes, ce n’était pas aussi bien que sa demi-finale, un an auparavant, mais il s’agissait d’un résultat digne de son septième rang mondial.

Que s’est-il passé au cours des dernières semaines pour que la championne en devenir se transforme en une joueuse peinant à garder la balle entre les lignes. En une joueuse incapable de battre une adversaire classée au-delà de la 60e place?

Que s’est-il passé pour que le jeu agressif de Bouchard, ce jeu qui lui a permis de battre quelques-unes des meilleures, se retourne éventuellement contre elle?

Pas d’explications

Dimanche, Eugenie elle-même était incapable de pointer les raisons de ses déboires. «Je n’ai pas vraiment d’explications. Je ne me sens pas vraiment moi-même sur le terrain», avait-elle déclaré, déplorant son manque d’agressivité peu caractéristique.

Pourtant, pas plus tard que mercredi, Bouchard avait affirmé se sentir à l’aise sur les courts, malgré un début de saison somme toute décevant. Depuis Melbourne, elle n’a remporté que deux petits matchs et en a maintenant perdu cinq de suite, tous contre des joueuses classées au-delà du 60e échelon.

«On a des pistes, sauf que je ne pense pas qu’il y ait seulement une solution», commente son capitaine en Coupe Fed, Sylvain Bruneau.

«Nous n’en avons pas parlé ensemble, mais oui, j’espérais que cette fin de semaine lui permette de retrouver un peu de confiance. Pour ça, parfois, ça prend seulement une ou deux victoires.»

Parmi ces pistes, il y a la fameuse guigne de la deuxième année. En conférence de presse, Bouchard a elle-même évoqué le «sophomore slump», ce «mal» qui affecte parfois les athlètes, tous sports confondus, après une première saison phénoménale.

Bruneau abonde dans le même sens. «Après sa première saison, elle doit maintenant apprendre à gérer les attentes», explique-t-il.

Et il y a le changement d’entraîneur. La semaine dernière, Bouchard avait fait allusion à une période d’adaptation, surtout pour une fille qui était conseillée par le même homme, Nick Saviano, depuis huit ans.

Plusieurs se sont interrogés au sujet de la relation entre Bouchard et Sam Sumyk. Les deux ont un fort tempérament et la Québécoise ne semble pas assimiler ce que le Français tente de lui inculquer, tactiquement et techniquement.

«Il s’agit d’un gros changement et je dois m’ajuster, avait-elle insisté mercredi. J’avais le même entraîneur depuis l’âge de 12 ans. Sumyk est plus direct. J’aime les idées qu’il apporte au sujet de mon jeu. On peut améliorer tous les aspects.»

«Au tennis, lorsque tu n’as pas tes sensations, lorsque tu ne trouves pas tes repères, tu tentes de reproduire ce que tu faisais de bien par le passé, mais ça ne fonctionne pas toujours», ajoute pour sa part Bruneau, qui parle aussi d’une adaptation.

Patience, patience...

Ce que prône surtout Bruneau, c’est la patience. Tant pour «Genie» que pour ses «fans».

Bouchard aussi a évoqué le processus dans lequel elle est engagée présentement. Un processus au cours duquel elle perdra, c’est certain, mais qui devrait éventuellement la ramener sur le droit chemin.

Ça pourrait être long, et en se fiant au dernier week-end, ça ne sera pas exempt de larmes ni de raquettes brisées. Mais à 21 ans, Eugenie Bouchard a encore tout le temps qu’il faut pour renouer avec le succès.

Ça se fera un match à la fois, une victoire à la fois.


Les as de la semaine

Françoise Abanda
Eugenie Bouchard
photo d'archives

On pensait que la présence d’Eugenie Bouchard à Montréal allait améliorer les chances du Canada en Coupe Fed, mais c’est finalement la jeune Françoise Abanda qui aura fait la meilleure impression parmi les deux.

Oubliant son pénible début de saison, la Montréalaise a signé la plus grande victoire de sa très jeune carrière, samedi, en battant Camelia-Irina Begu, 33e mondiale et meilleure représentante roumaine en l’absence de Simone Halep.

À 18 ans seulement et classée 260e au monde, Abanda a par la suite livré une bonne bataille à Alexandra

Dulgheru, 69e, dimanche, s’inclinant finalement en trois manches.

Martina Hingis
Eugenie Bouchard
photo d'archives

Elle n’a pas gagné, c’est vrai. Mais l’ancienne numéro 1 mondiale n’avait plus disputé un match de simple depuis huit ans. Pourtant, elle est demeurée au coude-à-coude avec Agnieszka Radwanska pendant une bonne partie de leur confrontation en Coupe Fed.

Face à la neuvième raquette au monde, la Suissesse a perdu la première manche 6-4, prouvant qu’à 34 ans, elle a encore le niveau pour embêter une membre du top 10. Elle a perdu la deuxième manche 6-0 face à l’aînée des Radwanska, puis la troisième 6-1 face à la cadette, Urszula, qu’elle a tout de même poussée jusqu’à un «set» ultime.