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Le designer Michael Kors s’attaque lui-même aux faussaires de Montréal

Avec l’aide d’une armée d’avocats, d’enquêteurs privés et d’huissiers, il a saisi plus de 5000 imitations

<b>Michael Kors</b>
Photo AFP Michael Kors

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Le designer de mode Michael Kors a décidé de s’occuper lui-même des faussaires montréalais parce que la police, selon lui, n’a que «peu de volonté» de les arrêter.

L’homme d’affaires d’origine new-yorkaise estime aussi que les peines de prison ou amendes au Québec sont ridicules.

Avec l’aide d’une armée d’avocats, d’enquêteurs privés et d’huissiers, Michael Kors vient donc de faire saisir plus de 5000 imitations de ses produits vendues à Montréal. Il s’adresse au tribunal civil plutôt qu’en déposant une plainte formelle à la police.

C’est au petit matin du 10 avril dernier que les enquêteurs privés du groupe Sirco, mandatés par Kors, ont frappé à une dizaine d’endroits, dont le Marché aux puces métropolitain de Montréal, le Marché aux puces de Saint-Eustache et un entrepôt de la rue Chabanel, la Cité de la mode montréalaise.

Plusieurs résidences privées ont aussi été visitées.

« Tout est saisi ! »

<b>Claude Sarrazin</b><br />
PDG Groupe Sirco
Photo courtoisie
Claude Sarrazin
PDG Groupe Sirco

«On a saisi la marchandise, les maisons et les comptes en banque. Tout est saisi!» raconte fièrement le PDG de Sirco, Claude Sarrazin, qui soutient que l’opération est une première du genre en sol canadien. «On vient de créer un sérieux problème à l’économie souterraine», ajoute-t-il.

Jointe à New York par notre Bureau d’enquête, l’entreprise Michael Kors parle d’une «action vigoureuse contre les faux vendeurs et distributeurs de ses produits à Montréal».

Un sac pour 2,50 $

Parmi la marchandise, on remarque principalement des imitations de sacs à main et de portefeuilles portant le célèbre logo de la marque, un cercle à l’intérieur duquel sont gravées les lettres «MK».

Les faussaires ont même pris la peine de copier les étiquettes de vente des produits Michael Kors.

L’une d’elles affiche 428 $ pour un sac de cuir orné de petites dorures.

«C’est simple, ça permet aux fraudeurs de vendre le sac au client pour une centaine de dollars en lui donnant l’impression [que c’est] une aubaine, alors qu’en réalité le prix coûtant de l’article est seulement de 2,50 $», dit le détective privé.

Sous le nez de la police

Toute la marchandise saisie se trouve maintenant cadenassée dans un entrepôt de Montréal et ceux qui ont tenté de la vendre au Canada sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 20 000 $ par article saisi.

Bien qu’aucun tribunal civil n’ait condamné des fraudeurs à une amende si élevée à ce jour, les procédures civiles semblent bien plus lucratives, pour une multinationale du vêtement comme Michael Kors, qu’une plainte à la police.

«La police ne prend pas nécessairement ça très au sérieux», affirme le chef du groupe de litige du cabinet d’avocats Borden Ladner et Gervais, Mathieu Piché-Messier.

«Au criminel, il manque de ressources, il manque d’importance, les sentences sont minimes et les résultats peu probants. Au civil, on peut agir très vite.»

 


L’impact de la contrefaçon au pays

  • 30 G$ / an
  • 500% d’augmentation
  • Équivaut à 8 % du commerce mondial

Source: GRC et Chambre de commerce internationale

 


Le palmarès des produits contrefaits

  1. Vêtements
  2. Électronique
  3. Sacs et portefeuilles

Source: Intellectual Property Rights

 

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