/24m/urbanlife
Navigation

Lutte à l’agrile du frêne : Montréal tente de limiter les ravages

Agrile du frêne
Photo Archives / Agence QMI L'agrile du frêne, un coléoptère, proviendrait d'Asie et a été introduit en Amérique du Nord en 2002.

Coup d'oeil sur cet article

La Ville de Montréal coupera 3300 arbres au cours de la prochaine année en raison de l’agrile du frêne, ce parasite qui ravage la forêt urbaine montréalaise.

Ce nombre ne tient toutefois pas compte des frênes qui pourraient être abattus sur les terrains des Montréalais, qui dès le mois de juin seront obligés de traiter ou d’abattre tout frêne qui se trouve sur leur propriété, si celle-ci est située dans une zone infestée ou à risque.

Pour Timothy Work, professeur en sciences biologiques à l’UQÀM, la Ville devra faire un travail d’éducation.

«Il y a des citoyens qui ne savent sans doute même pas quelle essence d’arbre se trouve sur leur terrain. Lorsqu’ils réaliseront qu’ils en sont responsables, il risque d’y avoir une certaine frustration», estime M. Work.

Selon l’expert, la Ville doit également se pencher sur une stratégie qui encourage la replantation, une mesure qui n’est pas prévue.

«Personne ne sera obligé de replanter. On fait le pari qu’on pourra les traités», souligne Réal Ménard, responsable du dossier au comité exécutif de la Ville.

L’élu rappelle que la Ville possède un plan de plantation d’arbres, qui prévoit 375 000 nouveaux arbres d’ici dix ans. Un nombre suffisant pour pallier aux pertes de frênes, dit-il.

Épidémie forestière

M. Work est d’avis contraire, l’abattage des arbres ne risque pas de ralentir au cours de la prochaine année.

«La Ville a été très lente. L’agrile du frêne devrait être traité comme une épidémie. On a attendu longtemps et on a de moins de flexibilité pour agir», dit-il.

Responsabilité citoyenne

Au début de l’été, la Ville enverra une lettre aux citoyens qui résident dans ces secteurs pour les aviser des procédures à suivre. S’il ne se conforme pas au règlement, un propriétaire s’exposera à des amendes de 350$ à 4000$.

Montréal a prévu une enveloppe de 1 M$ pour rembourser jusqu’à 50% de la facture des Montréalais qui auront traité leur frêne.

Quant à ceux qui devront couper leurs arbres, la Ville leur permettra de se procurer le permis d’abattage gratuitement, mais l’élagage sera à leurs frais. Une facture qui pourrait se situer de 300 à 1500$.

Sylvain Ouellet, conseiller de Projet Montréal, se dit inquiet puisque Montréal n’a pas réussi à rallier les 15 villes défusionnées à ce règlement.

«On a attendu un an et demi pour à peu près rien puisque le règlement ne couvre que les 19 arrondissements de la Ville et non l’île. S’il n’y a pas de stratégie globale, on est toujours à risque», fait-il valoir.

► L’agrile du frêne est un parasite venu d’Asie. L’insecte ne s’attaque qu’aux frênes. Leurs larves détruisent l’arbre lorsqu’elles se nourrissent dans l’écorce en bloquant la circulation de la sève.

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.