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Détruire ou construire?

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Mercredi dernier, au Québec Matin à LCN, j’ai interviewé Jérôme Dupras à propos du Jour de la Terre.

Bassiste pour le groupe Les Cowboys Fringants, Jérôme Dupras est aussi étudiant au postdoctorat en biochimie.

Il m’a parlé de son implication dans la cause environnementale. La fondation des Cowboys Fringants qu’il dirige depuis 2006, l’argent qu’ils ont réussi à amasser, les projets concrets qu’ils ont mis sur pied au fil des ans — dont cette idée folle de planter 375 000 arbres en prévision du 375e anniversaire de Montréal.

Le militantisme fringrant

«Voici un militant constructif et inspirant», me disais-je en l’écoutant parler avec enthousiasme de son amour de la nature.

Dupras et les autres musiciens des Cowboys ne perdent pas leur temps à bloquer des rues, à scander des slogans ou à occuper des bureaux.

Ils ne saccagent pas des locaux, ne lancent pas des roches aux policiers et n’intimident pas ceux qui ne pensent pas comme eux.

Ils contribuent à transformer la société en posant des gestes concrets.

Ils ne veulent pas se mettre les gens à dos, au contraire: ils veulent les convaincre de joindre leurs rangs.

Est-ce parce qu’ils sont musiciens? Toujours est-il qu’ils ne veulent pas diviser, mais rassembler. Pas affronter, mais réunir, regrouper, entraîner.

Au lieu de prendre la défense des casseurs masqués qui foutent le bordel dans leurs institutions et empêchent les élèves sérieux d’étudier, les professeurs «cool» devraient mettre sur pied des cours ou des ateliers permettant aux jeunes qui rêvent de changer le monde (heureusement qu’il y en a...) de canaliser leur énergie dans des projets constructifs.

Canaliser leurs énergies

C’est fleur bleue? Oui, peut-être... et alors?

Ce n’est pas en posant des bombes, en jetant de la peinture sur les murs d’une université ou en détruisant des ordinateurs qu’on change le monde.

C’est en mettant la main à la pâte.

Je ne doute pas un instant que plusieurs militants masqués qui foutent le bordel à l’UQÀM ou au cégep du Vieux sont animés par un réel désir d’améliorer le monde dans lequel on vit.

Certes, il y a des casseurs professionnels à la Black Bloc qui aiment briser des vitres pour briser des vitres, et pour qui la violence sera toujours un moyen ET une fin.

Mais plusieurs de ces militants, j’en suis sûr, sont sincères et bien intentionnés.

Ils ne savent juste pas comment s’y prendre ni par quel bout commencer...

Ils ont de l’énergie à revendre, mais ne savent pas quoi en faire.

C’est une chose d’être indigné devant l’injustice, la misère. Mais on fait quoi, avec cette indignation?

La force

Les Cowboys ont d’ailleurs écrit une très belle toune sur les manifestations (À la manifestation). Ludique, drôle, pas «Fuck le système et fuck toutte», pas violente ni agressive — juste trippante.

Une ode sympathique à la jeunesse.

Ce n’est pas de vouloir changer le monde qui pose problème. Rien de plus triste et de plus désolant qu’une jeunesse tranquille, satisfaite.

Rangée.

C’est la façon dont on s’y prend.

Au lieu d’enseigner l’ABC de l’anarchie, pourquoi les profs promanifestations n’enseigneraient-ils pas le X-Y-Z de l’implication sociale et du militantisme constructif?

Amenez-les du côté lumineux de la Force...

 

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