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Un cimetière musulman réduit à l’état de « dépotoir »

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Tombes mal entretenues, inaccessibles et régulièrement inondées: le cimetière musulman de Laval accueille les morts dans des conditions indignes, dénonce une association musulmane.

«C’est catastrophique, cela nous fait honte», se désespère Hadjira Belkacem, présidente de l’Association de la sépulture musulmane au Québec (ASMQ).

Le Journal a récemment visité le cimetière musulman, installé depuis 1990 à la Montée Masson, à Laval. Environ 2000 dépouilles y sont entassées sur un terrain irrégulier, où il est difficile de circuler. De nombreuses plaques y sont plantées de travers. Certaines tombes se trouvent même derrière de gros tas de terre et des flaques de boue.

Najoua Ouamalich, secrétaire adjointe de l’ASMQ, déplore la situation depuis qu’elle y a enterré son père en septembre 2012. «Ce n’est pas un cimetière, c’est un dépotoir», résume-t-elle.

Elle a bien du mal à aller se recueillir devant la tombe, nichée au milieu de plusieurs rangées de sépultures qu’elle doit enjamber, parfois avec ses bottes à cause des inondations.

Géré par une mosquée

Le site est géré par le Centre islamique du Québec (ICQ), la plus ancienne mosquée de la province. Son travail mécontente des dizaines de familles, affirme l’ASMQ, qui cherche d’autres sites. Il faut dire que la communauté musulmane ne dispose que de trois lieux dédiés à ses morts dans tout le Québec.

Dès septembre, la maison Magnus Poirier accueillera 3000 sépultures musulmanes dans son cimetière de Laval. «On est tellement heureux de cet accord», lance la présidente, qui voulait un site hors du contrôle des mosquées.

Car pour elle, l’ICQ est loin d’offrir des prestations à la hauteur des 3300 $ minimum que coûte un enterrement. Elle le soupçonne de réserver l’argent pour financer l’expansion de la mosquée.

Ses questions auprès de l’ICQ sont restées sans réponse. «Quand on leur dit que ce qu’ils font n’est pas normal, ils disent qu’on est contre l’islam. C’est une secte», s’indigne la musulmane.

Où va l’argent ?

Le directeur du cimetière, Zidine Abdellah, «jure» que la mosquée ne touche rien de l’argent des enterrements. «Même pas un sou», a-t-il déclaré au Journal.

Il évoque plutôt les lourds travaux qui plombent les finances, comme les 120 000 $ qui ont permis de refaire les salles d’exposition et de lavage dans la mosquée.

«Et les prochains travaux vont être difficiles, cela va revenir à un quart de million», prévient-il. Il s’agira d’ajouter de la terre pour rendre le terrain moins vulnérable aux inondations. Mais il ne sait pas quand les travaux commenceront. «Peut-être dans un mois», suggère-t-il.

Le cimetière souffrirait aussi de nombreux impayés. «On a reçu pour 142 000 $ de chèques pour lesquels il n’y avait pas d’argent sur les comptes», soutient M. Abdellah.

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