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Le mystère du bac bleu

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Le ministre de l’Environnement David Heurtel souhaite que la SAQ reprenne ses bouteilles. Les dirigeants de la société d’État, qui ne veulent rien savoir de cela, nous mettent en relief le caractère complexe et coûteux d’une telle opération.

Le ministre de l’Environnement David Heurtel souhaite que la SAQ reprenne ses bouteilles. Les dirigeants de la société d’État, qui ne veulent rien savoir de cela, nous mettent en relief le caractère complexe et coûteux d’une telle opération.

Derrière cette réflexion sur nos bouteilles de vin se cache un désaveu concernant le recyclage au Québec.

Pourquoi veut-on forcer la SAQ à mettre une consigne élevée sur ses bouteilles et à les reprendre? Contrairement aux bouteilles de bière, ce n’est pas pour les réutiliser. Il y a trop de vignobles dans trop de pays pour penser faire un nouveau remplissage des bouteilles. Le but est simplement de sortir ce verre du bac de recyclage.

Contaminé ?

Pourtant, la plupart des citoyens ont été conditionnés à l’idée que ce que l’on met dans le bac bleu s’en va à la bonne place. Or, les environnementalistes préoccupés par une gestion écologique des déchets préconisent la consignation des bouteilles de la SAQ. Leur argumentaire: le verre placé dans le bac de recyclage est «contaminé». La valeur de ce verre mélangé à toutes les autres matières est nulle.

Il ne vaut même pas son coût de recyclage.

Nous déposons les matières pêle-mêle dans notre bac bleu. Lorsque les employés renversent le bac dans leur camion, le verre se casse, les résidus alimentaires souillent les journaux et les matières non recyclables mises par erreur se mêlent au reste. Tous admettent que les centres de recyclage ne sont pas tous au même niveau quant aux technologies utilisées pour tenter de démêler tout ça. En matière d’environnement, la transparence fait défaut: une bonne proportion du bac bleu finit au dépotoir. Combien exactement? Secret.

De l’autre côté, des entreprises à la fine pointe des technologies de triage des matières recyclées affirment au contraire que les consignes devraient disparaître. Allant complètement à l’encontre du ministre de l’Environnement, elles considèrent qu’il faut continuer à mettre les bouteilles de vin dans nos bacs de recyclage.

Enlever des consignes ?

À l’inverse, elles vont jusqu’à suggérer d’enlever la consigne sur les cannettes d’aluminium, nous assurant que l’aluminium jeté dans le bac bleu se rend à la bonne destination pour être recyclé. Cette option est tentante pour bien des consommateurs qui ont mieux à faire de leur temps que d’attendre devant une machine qui gobe lentement les cannettes dans l’entrée d’un supermarché.

La SAQ soutient qu’elle devrait investir la fortune de 250 millions pour récupérer des bouteilles qui, de toute façon, sont déjà recyclées dans nos bacs bleus. Il faudrait d’abord faire une étude comparative pour savoir à quel point on pourrait améliorer les technologies de tri et de revalorisation des matières en y investissant une telle somme.

En matière d’environnement, les gouvernements sont vites en affaires pour renvoyer le fardeau sur le dos des citoyens. Les citoyens ont pris l’habitude d’utiliser leurs bacs de recyclage. Utiliser cette option au maximum devrait être regardé à fond avant de nous faire transporter de nouvelles caisses de bouteilles vides.

 

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