/news/consumer
Navigation

La hausse liée au marché du carbone a déjà doublé

Le prix à la pompe a augmenté de 3,5 ¢ le litre depuis le début de l’année, deux fois plus que prévu

Depuis le 1er janvier, faire le plein d’un réservoir de 80 litres coûte 2,80 $ de plus avec l’instauration du plafonnement des émissions de GES. C’est maintenant deux cafés par semaine, et non pas un seul comme l’imageait le ministre de l’environnement David Heurtel.
Photo courtoisie Depuis le 1er janvier, faire le plein d’un réservoir de 80 litres coûte 2,80 $ de plus avec l’instauration du plafonnement des émissions de GES. C’est maintenant deux cafés par semaine, et non pas un seul comme l’imageait le ministre de l’environnement David Heurtel.

Coup d'oeil sur cet article

La lutte contre les changements climatiques a fait bondir le prix de l’essence de 3,5 ¢ le litre depuis le 1er janvier. C’est presque deux fois plus que ce que le gouvernement avait prévu.

Le ministère de l’Environnement du Québec avait estimé l’impact à 2 ¢ le litre.

«Si on regarde la différence entre l’année 2014 et aujourd’hui, l’écart est de 3,4 ¢», affirme toutefois Philippe Saint-Pierre, de CAA-Québec. Selon M. Saint-Pierre, cette augmentation du prix de l’essence est la conséquence directe du plafonnement des émissions de gaz à effet de serre (GES) imposé aux pétrolières et aux transporteurs par le ministère de l’Environnement.

Depuis le 1er janvier, faire le plein d’un réservoir de 80 litres coûte 2,80 $ de plus avec l’instauration du plafonnement des émissions de GES.

C’est l’équivalent de deux cafés, en référence à la comparaison faite en décembre par le ministre de l’Environnement David Heurtel, qui avait soutenu que l’impact du prix du carbone serait de moins d’un café par semaine.

Des permis de polluer

«Nous, ce qu’on calcule, c’est que pour un automobiliste qui a une voiture qui consomme sept litres aux 100 km. [...] on parle d’une augmentation d’à peu près 28 $ par année. Alors là, on parle de moins d’un café par semaine.» –David Heurtel, 2 décembre 2014

Ce plafonnement oblige les pétrolières à acheter des permis de polluer (crédits carbone) sur le marché du carbone (Bourse du carbone).

Chaque permis de polluer se vend 15 $ la tonne d’équivalents GES et pourrait continuer d’augmenter.

Québec compte recueillir 2,8 G$ au cours des cinq prochaines années dans le Fonds vert par la vente des crédits carbone. Cet argent servira à financer des projets visant à réduire la pollution.

Les pétrolières ont décidé de refiler la facture aux consommateurs, confirme aussi Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants (ACC). Selon M. Montreuil, le prix de l’essence a augmenté de 3,6 ¢. Cette augmentation est aussi due à la baisse de la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain puisque le prix du crédit carbone est libellé en dollars US, précise-t-il.

Les prix augmenteront encore

Les prix n’ont pas fini de monter, prévient M. Montreuil. «Le gouvernement va abaisser les plafonds (des émissions de GES), tout le monde va chercher à acheter des droits d’émission. La demande va faire augmenter les prix.»

«Quand le prix d’une tonne de carbone sera de 30 $, nous paierons 7 ¢ le litre», prévoit M. Montreuil.


Le plafonnement des émissions de GES

  • Depuis le 1er janvier, 125 entreprises (pétrolières et transporteurs) sont soumises à un plafond des émissions de gaz à effet de serre (GES).
  • Les entreprises qui dépassent le plafond doivent acheter des crédits carbone à 15 $ la tonne de GES.
  • Le plafond des GES va baisser chaque année, forçant les entreprises à acheter de plus en plus de crédits carbone.
  • Le prix du crédit carbone risque d’augmenter.
  • Les pétrolières refilent la facture aux automobilistes.
  • Québec compte recueillir 2,8 milliards$ d’ici 2020 avec la vente de crédits carbone.
 
 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.