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Robert Parker, le pape du vin

Dégustation Robert Parker
Photo Le Journal de Montréal, Ben Polosse Une dégustation et une séance de signature en compagnie de Robert Parker se sont tenues vendredi dans la splendide cave à vin du restaurant Le Coureur des Bois, à Beloeil.

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Un mordu de hockey rêve un jour de rencontrer Wayne Gretzky ou Sydney Crosby. Un chroniqueur vin, un sommelier ou tout autre conseiller en vin a rêvé un jour de déguster quelques bouteilles avec celui que plusieurs surnomment le pape du vin, Robert Parker.

Admiré mondialement, reconnu dans sa profession, M. Parker a dominé la critique du vin pendant 40 années tout en conservant une réputation sans tache qui rayonne aux quatre coins de la planète-vin. Son parcours est intrigant et fascinant.

Pour un petit 48 heures, le célèbre gourou du vin était de passage dans la grande région de Montréal.

Le but de sa visite, sa troisième seulement au Québec en 25 ans, était l’animation de deux événements caritatifs pour venir en aide aux enfants autistes.

J’ai alors assisté à des dégustations de haute voltige. Pour l’amateur de vin que je suis, c’était de loin la plus mémorable et stressante rencontre que j’ai eu la chance de vivre à ce jour.

Lors de la soirée de jeudi soir, les organisateurs ont offert seulement certains crus classés à plus de 95 sur 100 par le célèbre «avocat du vin». Le groupe de 80 convives présents en a eu plein les narines et plein les papilles!

Le lendemain se tenait une dégustation dans la splendide cave à vin du restaurant Le Coureur des Bois, à Beloeil, pour le club sélect des amis de la SAQ.

Un monument

Robert Parker est un monument. C’est l’homme qui fait trembler les vignerons du monde entier depuis la fin des années 70 avec ses notes d’évaluation et son jugement juste et impartial. En plus d’avoir visité plus de 50 pays de la planète-vin, il déguste quotidiennement entre 100 et 180 produits dans le laboratoire de son ranch à Baltimore dans le Maryland.

Quand le grand Parker donne une note de plus de 90 ou 95 sur 100 à un vin, c’est aussitôt la gloire pour le domaine qui signe la bouteille. Ses fidèles disciples boivent littéralement ses paroles et il a un immense et quasi incalculable impact sur la consommation de vin d’un peu partout dans le monde, mais surtout en Amérique du Nord. Certains producteurs attendent les notes du gourou américain pour fixer le prix de leurs vins.

Grande influence

Son système de cotation a été repris par de nombreux autres critiques en vin. Il est de loin la personne qui a eu et qui a encore la plus grande influence sur la consommation mondiale de toute l’histoire du vin. On parle ici au passé et au présent, car, à 68 ans, M. Parker se dirige peu à peu vers une paisible retraite.

Malgré son parcours unique, il est resté les deux pieds bien ancrés au sol. Son succès et ses mille et une distinctions ne lui ont jamais monté à la tête. Il est timide, discret, effacé. Sa présence à Montréal s’explique d’abord par son appui à la Fondation Emergo, bénéficiaire de la soirée.

Je lève mon verre à cette légende vivante qui a marqué le monde du vin pendant plus de 30 ans.

 

Brèves

Saveurs

Un nez étonnant

Dégustation Robert Parker

Lors de son passage à Montréal, Robert Parker a répondu à nos questions sur sa carrière et ses dégustations les plus marquantes.

Combien d’échantillons de vin avez-vous dégustés dans votre carrière ?

360 000 vins dégustés, notés et décortiqués. Il faut ajouter à ce nombre de nombreux autres produits qui n’ont pas du tout «passé le test».

Combien de pays avez-vous visités à ce jour ?

Plus de 50. Je n’ai jamais mis les pieds en Afrique du Sud, mais je m’y rendrai sous peu.

Quelle est la ou les plus vieilles bouteilles de vin que vous avez eu la chance de déguster à ce jour ?

Un Sauternes 1811 du Château D’Yquem et un Magnum de Pauillac 1865 du Château Lafite Rothschild.

Quel est le vin qui vous a offert le plus de plaisir ?

Une Côte-Rôtie La Mouline 1978 de la Famille Guigal et un Pauillac 1947 du Château Pontet-Canet, un Grand Cru classé de son année de naissance, le seul vin qui m’a fait verser une larme à ce jour.

Quel est le meilleur vin canadien que vous avez dégusté ?

Un Chardonnay de Mission Hill en Colombie-Britannique.

Est-ce vrai que votre nez est assuré ?

Il est assuré pour un million de dollars depuis 1983. La compagnie d’assurance ne veut pas augmenter la prime.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune sommelier ou chroniqueur vin qui débute dans le métier ?

De rester ouvert, de ne jamais se faire d’idées préconçues, de goûter un produit avant de le juger... «Always be open-minded».