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Des parents muselés par la CSDM

Ils ne peuvent plus communiquer entre eux par le sac à dos de leur enfant

Mélanie Taillefer CSDM
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin La présidente du comité de parents de la CSDM, Mélanie Taillefer, dit ne pas savoir pourquoi la commission scolaire ne veut pas «laisser les parents s’exprimer» sur les récentes compressions budgétaires.

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Le comité de parents de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) accuse cette dernière de museler ses tentatives de dénoncer les coupes en éducation, puisqu’elle interdit désormais que des lettres à l’intention des parents soient placées dans le sac à dos des élèves.

Le comité de parents de la commission scolaire de Montréal (CSDM) accuse cette dernière de museler ses tentatives de dénoncer les coupes en éducation, puisqu’elle interdit désormais que des lettres à l’intention des parents soient placées dans le sac à dos des élèves.

«La direction de la commission scolaire nous tourne le dos, alors qu’on veut dénoncer les compressions budgétaires qu’elle subit. Pourquoi est-elle contre le fait qu’on se mobilise? On devrait être partenaires. C’est à n’y rien comprendre», blâme la présidente du comité de parents de la CSDM, Mélanie Taillefer.

Le comité affirme qu’une directive a été envoyée lundi dernier aux directions de toutes les écoles de la CSDM, les enjoignant à ne plus laisser le comité de parents ou les conseils d’établissement des écoles déposer des lettres dans les sacs à dos des élèves à l’intention des parents pour les mobiliser contre les compressions. Les conseils d’établissement sont présents dans chaque école et sont formés d’enseignants et de parents.

Les parents muselés

Cette nouvelle directive fâche le comité et les conseils, qui affirment qu’ils ont toujours pu communiquer avec d’autres parents par ce moyen au cours des dernières années.

«C’est ahurissant. On a pourtant une cause commune à défendre», s’étonne aussi la présidente de l’Alliance des professeurs, Catherine Renaud.

La neutralité des sacs d’école

La CSDM a refusé notre demande d’entrevue. À l’Association montréalaise des directions d'établissement scolaire, on soutient que cette mesure vient protéger la «neutralité» des sacs à dos des élèves.

«La CSDM nous dit que le sac d’école ne devrait pas servir à la diffusion de propos de nature partisane. Il faut tracer la ligne», explique la présidente Hélène Bourdages.

«Tout le monde n’est pas à l’aise avec ça», rétorque Pascale Grignon, du regroupement «Je protège mon école publique».

«On est bien loin de la sollicitation partisane et bien plus près du juste mandat des conseils d’établissement appelés à jouer un rôle actif dans la gestion des écoles.»

Le 1er juin prochain, le regroupement «Je protège mon école publique» tiendra une journée de mobilisation à Montréal, où les parents seront invités à faire une chaîne humaine autour d'écoles de la CSDM.