/news/education
Navigation

Des profs de McGill intimidés

Des anarchistes s’attaquent à la recherche qui pourrait servir à des fins militaires

McGill
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi Il y a un mois, des militants ont libéré des centaines de criquets devant le bureau et laboratoire de la professeure Inna Sharf.

Coup d'oeil sur cet article

Les professeurs de l’UQAM ne sont pas les seuls à être victimes d’intimidation. Depuis quelques mois, des chercheurs de la prestigieuse Université McGill voient leurs installations vandalisées par des groupes anarchistes qui s’opposent à leurs travaux.

Les professeurs de l’UQAM ne sont pas les seuls à être victimes d’intimidation. Depuis quelques mois, des chercheurs de la prestigieuse Université McGill voient leurs installations vandalisées par des groupes anarchistes qui s’opposent à leurs travaux.

Le 24 avril dernier, la professeure Inna Sharf a constaté en entrant au travail qu’on avait libéré des centaines de grillons dans le corridor de son étage.

McGill
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi

«Il y avait des insectes qui grouillaient partout dans mon bureau et dans mon laboratoire. Ils ont dû appeler l’exterminateur pour s’en débarrasser, mais ça a pris plusieurs heures et je trouvais encore des criquets pendant des jours», a indiqué Mme Sharf en entrevue avec Le Journal.

Ce n’est pas la première fois que son laboratoire spécialisé dans les drones, Aerospace Mechatronics Lab, est visé par des vandales opposés à la recherche financée par des organismes militaires.

Il y a quelques mois, des membres du groupe Anti-Imperialist Action (AIA) ont notamment revendiqué y avoir bloqué les serrures avec de la colle industrielle.

«Il y a plusieurs incidents depuis les derniers mois et je remarque qu’il y a eu une intensification des actes récemment», a dit pour sa part Andrew Higgins, chercheur pour Shock Wave Physics Group.

« Il y avait des insectes qui grouillaient partout dans mon bureau et dans mon laboratoire. »
– Inna Sharf

Recherche militaire

Les professeurs s’inquiètent de la présence sur le campus du groupe Demilitarize McGill, qui utilise son site web pour encourager les actes de vandalisme, selon eux.

«Demilitarize McGill veut interrompre l’historique de complicité de l’université dans la colonisation et la guerre impérialiste en mettant fin à la collaboration militaire à McGill», peut-on lire sur le site web de l’organisation.

Demilitarize McGill n’a pas répondu aux courriels du Journal.

Enquêtes

Pour sa part, le doyen à la vie étudiante de McGill, Andre Costopoulos, dit qu’il est bien conscient du dossier et qu’il y a eu une enquête après chaque acte.

«L’Université prend toute menace ou tout acte de vandalisme très au sérieux. McGill enquête activement sur tous les actes de vandalisme commis sur ses campus», indique par courriel M. Costopoulos.


Quelques exemples de vandalisme

24 avril 2015: Des centaines de criquets ont été libérés devant les bureaux de plusieurs chercheurs.

24 mars 2015 : Les pneus d’un véhicule de sécurité de McGill ont été sabrés.

25 février 2015: Une présentation par un chercheur a été interrompue quand quelqu’un a tiré l’alarme de feu.

29 novembre 2014: Les serrures d’un laboratoire ont été bloquées avec de la colle.