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Un employé municipal sur deux en banlieue

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Photo archives/ Agence QMI Le centre-ville de Montréal

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Le nombre d’employés municipaux qui préfère la banlieue à Montréal a bondi au cours des cinq dernières années. Désormais, près de la moitié d’entre eux réside à l’extérieure de l’île.

En 2010, 40% des employés municipaux montréalais habitaient en banlieue. En 2015, c’est maintenant 49% des 28 327 salariés de la Ville qui réside à l’extérieur de la métropole selon les chiffres de l’administration municipale.

Chez les pompiers et les policiers montréalais, la proportion de ceux qui habitent en banlieue atteint 80%. Il s’agit des deux métiers à la Ville qui comptent le moins de Montréalais.

Aucun incitatif

Malgré cette hausse, la Ville confirme qu’aucun incitatif n’est prévu par la Ville pour encourager ses employés à vivre sur le territoire montréalais.

«Il n’existe aucun programme afin d’encourager les employés à habiter à Montréal», confirme Gonzalo Nunez, porte-parole de la Ville de Montréal.

Si l’étalement urbain n’est pas une problématique réservée aux grandes villes comme Montréal, l’urbaniste Gérard Beaudet estime que les administrations ne font pas assez pour retenir leurs résidents.

«C’est certain qu’on ne fait pas tout ce qu’il faut. Quand on appuie un train de l’Est à 700 M$ ou un futur prolongement de l’autoroute 19 à 600 M$, ça devient plus facile pour le résident qui veut payer une propriété 100 000$ moins cher de traverser la rivière», fait valoir M. Beaudet.

Pour les employés aux horaires atypiques, comme les pompiers et policiers, ou seulement 20% habitent en ville, la facilité des déplacements pèse beaucoup sur la balance lorsque vient le temps de choisir une demeure.

Chiffres alarmants

L’opposition officielle est inquiète et estime que les chiffres montrent le peu d’action de la Ville pour limiter la fuite des employés vers les banlieues.

«Il fait qu’on développe des programmes pour faire la promotion de la Ville. J’entends parfois des employés dire qu’ils n’habiteront jamais en ville, ce n’est pas normal que nos propres employés aient cette vision négative de Montréal», souligne Craig Sauvé, conseiller de Projet Montréal.

La Ville de Montréal a tenu a rappelé que selon la loi, elle ne peut obliger ses employés à vivre en ville puisqu’une telle condition est considérée comme discriminatoire en vertu de la Charte des droits et libertés

Quant au cabinet du maire Denis Coderre, il n’a pas souhaité commenter la situation.

Brèves

Montréal

5 facteurs qui contribuent à l’exode

Stationnement pour les cadres

  • La Ville de Montréal offre une place de stationnement gratuite à plusieurs de ses cadres.

Train de l’Est

  • Ce projet de l’Agence métropolitaine de transport dessert surtout les résidents des banlieues. Pour les futurs acheteurs qui se cherchent des résidences en banlieue et qui désirent prendre le transport collectif, le train peut être un incitatif.

Prolongement de l’Autoroute 19

  • Si certains estiment que le prolongement amènera plus de circulation en ville, d’autres y voient aussi une possibilité pour certains de déménager dans la couronne nord.

Logements trop petits

  • Le cadre bâti de plusieurs des arrondissements centraux n’est pas adapté à la réalité des familles. Les logements comportent des chambres petites, peu spacieuses.

Baisse du service d’autobus

  • Selon plusieurs, la baisse du service n’encourage pas les Montréalais à se départir de leur automobile et à demeurer sur l’île pour se rapproche de leur lieu de travail.

Profession • % des employés qui ne résident pas à Montréal

Pompiers 82%

Policiers 81%

Contremaîtres 62%

Cadres 49%

Cols Bleus 48%

Professionnels 38%

Cols Blancs 32%

Brigadiers 5%

Total 49%

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