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Trop de places de stationnements?

Une étude recommande à la Ville de réduire l’offre au centre-ville de Montréal pour résoudre le problème

L’arrondissement Ville-Marie pourrait voir son nombre de places diminuer alors que près de 3500 espaces sont occupés simultanément  au kilomètre carré en journée.
photo martin chevalier L’arrondissement Ville-Marie pourrait voir son nombre de places diminuer alors que près de 3500 espaces sont occupés simultanément au kilomètre carré en journée.

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La Ville de Montréal pourrait bientôt enlever des places de stationnement au centre-ville, si elle suit les recommandations des ingénieurs mandatés pour trouver une solution au problème.

La Ville de Montréal pourrait bientôt enlever des places de stationnement au centre-ville, si elle suit les recommandations des ingénieurs mandatés pour trouver une solution au problème.

Notre Bureau d’enquête a obtenu le document de 378 pages sur lequel la Ville se basera pour concevoir sa très attendue Politique de stationnement. L’étude réalisée par la firme de génie AECOM suggère clairement «la réduction de l’offre de stationnement en faveur d’aménagements dédiés aux modes alternatifs (autobus, vélo et marche)»

La diminution de l’offre pourrait affecter notamment le centre-ville de la métropole qui compte 6800 espaces de stationnement sur rue et plus de 37 000 stationnements hors rue.

Les auteurs du rapport avancent que le centre-ville est déjà desservi par le train de banlieue ainsi que par l’autobus et compte deux stations de métro par kilomètre carré. Diminuer le nombre de places s’alignerait sur les tendances suivies par les grandes villes nord-américaines comme San Francisco.

Le rapport préparé par l’ingénieur Rozenn Aignel insiste sur le fait que «l’ampleur de l’offre en stationnement dans le centre-ville encourage les déplacements en automobile».

L’arrondissement Ville-Marie est celui pour lequel la demande est la plus forte, avec près de 3500 places occupées simultanément au kilomètre carré pendant la journée.

Tarifs plus élevés

La tarification du stationnement est également un «enjeu majeur». Les auteurs du rapport suggèrent des tarifs plus élevés dans certains secteurs du centre-ville afin de décourager les automobilistes.

L’étude se penche aussi sur les entreprises qui fournissent des espaces gratuits à leurs employés. Ceci «incite les employés à venir sur leur lieu de travail en auto. Un des incitatifs forts pour contrer cette tendance est de faire payer le vrai coût du stationnement et d’offrir un avantage à ceux venant par un mode alternatif.»

Pour les commerçants

Les commerçants qui se plaignent d’une baisse d’achalandage pourraient trouver un peu de réconfort. L’étude vise à «permettre de limiter le temps d’utilisation des places de stationnement dans les zones visitées. Le temps moyen d’utilisation du stationnement pourrait varier en fonction du type de commerce fréquenté».

Selon nos informations, la Ville a jusqu’au 5 juin pour commenter le rapport.


Plus de 1700 modèles de panneaux

L’arrondissement Ville-Marie pourrait voir son nombre de places diminuer alors que près de 3500 espaces sont occupés simultanément  au kilomètre carré en journée.
photo d'archives

Si lire les panneaux de stationnement montréalais vous rend confus, vous n’êtes pas seuls. Les ingénieurs d’AECOM ont remarqué la même chose.

La nouvelle étude sur la Politique de stationnement à Montréal révèle que la métropole ne compte pas moins de 1790 modèles de panneaux différents.

Ceux-ci indiquent des restrictions de stationner selon le type de véhicule, des restrictions liées à la durée du stationnement ainsi que des restrictions temporelles, notamment dans le cas du nettoyage des rues.

Au total, plus de 114 000 panneaux de stationnement sont disposés sur l’île de Montréal. Il n’est pas rare qu’un panneau de signalisation indique, deux, trois, quatre ou même cinq indications différentes.

Plus de cohérence

Cette complexité de la signalisation montréalaise est décriée dans l’étude. Celle-ci plaide pour une politique de stationnement plus cohérente.

«Plusieurs aspects rentrent en ligne de compte, tels que la simplification de la signalisation sur rue (notamment la multiplicité des panneaux et l’abondance d’information sur un même poteau)», affirment les ingénieurs.

Les 6 panneaux de stationnement les plus utilisés à Montréal

  • Stationnement interdit en tout temps
  • Arrêt interdit en tout temps
  • Stationnement réservé aux résidents de 9h00 à 23h00
  • Stationnement réservé aux personnes handicapées
  • Stationnement interdit le mercredi, entre 8h30 et 13h30
  • Stationnement interdit le lundi, entre 8h30 et 13h30

Des panneaux qui rendent fou

Montréal compte 1790 panneaux de stationnement différents. De quoi en perdre son sens de l’orientation.