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Des centaines d'écoles de villages menacées

École
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Plusieurs centaines d'écoles de villages pourraient disparaître sous l'effet des coupes budgétaires du ministère de l'éducation.

«C'est une chronique d'une mort annoncée de bien des petites écoles», prévient Richard Flibotte, vice-président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Le ministère de l'Éducation vient d'informer les commissions scolaires de son intention de ne plus soutenir les petites écoles.

Deux mesures sont envisagées. Coupe de 27% dans l'allocation vouée au maintien des petites écoles de village et fin du financement de l'entretien des écoles occupées à moins de 50%. Plus de 800 écoles accueillent présentement moins de 100 élèves, signale la FCSQ dans un mémoire soumis au ministère de l'Éducation. «La très grande majorité ne sont pas occupées à 50%», précise Richard Flibotte.

Frappées par des compressions de l'ordre de 1 milliard $ au cours des cinq dernières années, les commissions scolaires préviennent qu'il leur sera dificile de maintenir des écoles faiblement occupées. «C'est clair que pour des petits milieux, il y a un risque assez fort que des commissions scolaires seront prises pour fermer leurs écoles», prévient Richard Flibotte.

La Fédération demande au ministère de l'Éducation de reculer et souhaite un soulèvement de la population. «On espère que les gens vont se soulever et dénoncer cette mesure-là. Si l'école ferme dans un village, après l'église et la Caisse populaire...On trouve que ça n'a pas de sens pour la vitalité des villages. Ça va à l'encontre des orientations gouvernementales sur l'occupation du territoire», signale M. Flibotte.

Le ministre de l'Éducation François Blais soutient qu'il est «trop tôt pour annoncer des scénarios catastrophes». Les règles budgtaires proposées par son ministère ont fait l'objet de consultations auprès des commissions scolaires. «Je vous rappelle qu'on les a négociées avec leurs représentants», a dit M. Blais.

La possibilité que le gouvernement recule est faible, estime Richard Flibotte. «C'est assez rare qu'il y ait une virgule ou même deux qui changent dans un projet de règle budgétaire.»

Les élèves qui verront leur école fermer devront être transportés dans une autre école située dans un rayon de 20 kilomètres. Dans les commissions scolaires couvrant de vastes territoires, certains élèves pourraient subir un préjudice important, prévient la FCSQ. Des élèves doivent déjà supporter des trajets en autobus de près d'une heure le matin. «Augmenter le temps de transport pourrait avoir des impacts sur la persévérance et la réussite de ces élèves.»