/news/transports
Navigation

Le train de 744 M$ peu populaire

Le nombre de passagers à bord du Train de l’Est baisse de façon continue depuis son lancement

AMT
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi Des passagers embarquent et débarquent d'un train bimonde de l'Agence métropolitaine de Transport (AMT) à la gare Ahuntsic de la ligne Mascouche (Train de l'est). Après près de six mois d'opération, l'achalandage de la ligne de 744 M$ a chuté de 10 %.

Coup d'oeil sur cet article

La ligne de train de 744 M$ entre Montréal et Mascouche est en perte de vitesse. Six mois après son lancement, l’effet de nouveauté du Train de l’Est s’est estompé et l’achalandage ne cesse de chuter, a appris Le Journal.

Lancée en grande pompe le 1er décembre dernier, la ligne Mascouche accueillait en moyenne 5000 voyageurs quotidiens lors de son premier mois d’opération.

Toutefois, l’achalandage s’effrite mois après mois depuis le début de l’année. Ils n’étaient plus que 4500 personnes à emprunter cette ligne en avril. Cela représente une diminution de 10 % en cinq mois.

«Les données sont inquiétantes [...] Quand on lance un projet qui est attendu de tout le monde depuis longtemps, normalement le taux d’utilisation va en croissance exponentielle. Mais ce n’est pas le cas», s’insurge le porte-parole en matière de transport de la Coalition avenir Québec (CAQ), Claude Surprenant.

«Je suis très étonnée, car c’est un nouveau service. De mon expérience, le train de banlieue est un service extrêmement apprécié et il y a une augmentation d’achalandage année après année», rajoute Martine Ouellet, porte-parole du Parti québécois en matière de transport.

 

« Normal »

Rappelons que le train de l’Est a fait couler beaucoup d’encre depuis son annonce en 2006, où on estimait le coût du projet à 300 M$. Près de neuf ans plus tard, le projet a été inauguré à plus du double du coût et avec plusieurs années de retard.

Cette chute d’achalandage n’inquiète pas pour autant l’Agence métropolitaine de transport (AMT), qui rappelle que la ligne est toujours à ses débuts.

«La ligne Mascouche n’est en service que depuis six mois, elle est donc encore en rodage [...] la fidélisation de la clientèle prend un certain temps», indique par courriel une porte-parole de l’AMT, Fanie St-Pierre, qui affirme qu’il faudra un an d’utilisation avant de tirer des conclusions sur l’achalandage.

Pire que les autres lignes

Celle-ci croit également que la situation est «normale» en cette période de l’année et qu’il y a une baisse du nombre de voyageurs sur les cinq autres lignes de train de banlieue au cours de l’hiver.

Le Journal s’est rendu mercredi dans une rame du Train de l’Est à la Gare Centrale et a constaté que beaucoup de sièges étaient vides.
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi
Le Journal s’est rendu mercredi dans une rame du Train de l’Est à la Gare Centrale et a constaté que beaucoup de sièges étaient vides.

Toutefois, les données pour l’ensemble du réseau fournies par l’AMT montrent que l’achalandage du train de l’Est est le seul à baisser autant et de façon continue pendant cette période. Sur les autres lignes, on observe même une hausse entre décembre et février.

L’AMT espère que l’inauguration des deux dernières gares de la ligne Mascouche au cours de l’été, soit Sauvé et Pointe-aux-Trembles, renversera la tendance, fait valoir Mme St-Pierre.

Horaire pas assez flexible

Le président de Transport 2000, un groupe de défense des usagers du transport collectif, croit que l’horaire des départs n’est pas assez flexible pour pousser les voyageurs de l’est à délaisser la voiture au profit du train.

«Les gens veulent l’essayer au début, mais un train de banlieue est moins flexible que l’autobus. Alors les gens peuvent délaisser le train après l’avoir essayé un peu parce que l’horaire ne correspond pas à leurs besoins», explique François Pépin.

Problèmes techniques

Celui-ci croit que les multiples retards causés par des problèmes techniques l’hiver dernier ont également pu contribuer à réduire la confiance des nouveaux usagers envers la ligne Mascouche.

Il faudra réévaluer l’achalandage après un an d’opération pour avoir un portrait encore plus précis de la situation, nuance tout de même M. Pépin, qui ne s’inquiète pas pour la vitalité à long terme de la ligne.