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La fonction publique et l’austérité

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On a beau dire que les employés du secteur public québécois n’ont pas été gâtés par les hausses de salaire ces dernières années, une étude récente de l’Institut Fraser remet les choses en perspective. Le secteur public comporte encore ses avantages absolument uniques et impensables dans le privé.

On a beau dire que les employés du secteur public québécois n’ont pas été gâtés par les hausses de salaire ces dernières années, une étude récente de l’Institut Fraser remet les choses en perspective. Le secteur public comporte encore ses avantages absolument uniques et impensables dans le privé.

Pour l’ensemble du Canada, fédéral, provincial et municipal confondus, l’étude révèle que la rémunération des employés du secteur public dépasse de presque 10 % celle d’employés faisant un travail équivalent dans le privé. Mais je ne m’attarderai pas là-dessus. Le secteur public québécois est en dessous des conditions des municipalités ou du gouvernement fédéral.

Le côté plus privilégié du secteur public québécois ne se situe pas surtout en matière de rémunération. C’est tout le reste qui attire l’attention! Je vous dresse une liste, tirée de l’étude, de bénéfices clairement plus avantageux dans le secteur public.

Les écarts

Presque 90 % des employés du secteur public ont un régime de retraite contre moins du quart dans le secteur privé. La quasi-totalité des régimes de pension du secteur public garantissent une pension déterminée. C’est moins de la moitié des régimes privés qui offrent une semblable garantie. Les autres versent de l’argent dans le REER de l’employé, mais ne lui garantissent jamais un montant de pension.

Les employés du secteur public prennent en moyenne leur retraite avec pension deux ans et demi plus jeunes que ceux du privé. Puis il y a la sécurité d’emploi. Sur une année, 3,6 % des travailleurs dans le privé perdront leur emploi. Cette proportion est marginale dans le secteur public et carrément nulle pour ceux qui ont atteint la permanence.

Le nombre moyen de jours d’absence du travail pour des raisons personnelles (santé, famille) s’élève à 8,1 par année au privé. Dans le public ce chiffre est de 50 % supérieur s’établissant à 12,1. Les emplois du secteur public seraient plus durs pour la santé, occasionnant plus d’absences? J’en doute.

Il ne s’agit pas d’alimenter des préjugés. Mais il faut quand même établir une comparaison complète pour jeter un regard éclairé sur une négociation qui pourrait tourner au conflit ouvert. Le gouvernement négocie au nom de la population, il doit tenir compte de la réalité vécue par l’ensemble.

Négociations tendues

L’étude de l’Institut Fraser ne dit pas qu’il ne faut pas améliorer le salaire des employés du secteur public. Par contre, l’étude signale que c’est en fonction de sa capacité de recrutement que cela devrait se faire. Si pour répondre aux besoins de la population, et en tenant compte des salaires offerts dans le marché, il faut offrir 10 % de plus à des ingénieurs pour les attirer au ministère des Transports, cela peut encore se justifier.

Quant à cette négociation pour laquelle on parle déjà de la possibilité d’une grève, les vrais chiffres désamorcent l’impression de carnage que les centrales syndicales essaient de créer. Les données compilées pour la première fois dans l’histoire sur le nombre total de salariés du secteur public québécois disent quoi?

On a supprimé 486 emplois sur un total de plus de 591 000. Moins d’un sur mille, et ce dans une époque intensive de prises de retraites. L’austérité sauvage? Pas du tout.

 

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