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Les sentiers de la vie

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Nos petites vies sont remplies d’ironies un peu amères si on sait les voir.

Nos petites vies sont remplies d’ironies un peu amères si on sait les voir.

Je me préparais à partir pour les funérailles de M. Parizeau quand on m’a téléphoné pour me demander si je savais que Gilles Duceppe redevenait chef du Bloc québécois.

En tout respect, les soubresauts de la vie politique prennent une importance toute relative quand les hasards du calendrier les collent au décès d’un authentique géant.

La cérémonie pour conduire cet homme extraordinaire que fut Jacques Parizeau à son dernier repos fut à son image: sobre, tout en émotion contenue, pleine de musique classique et sans flagornerie.

Duceppe

Homme de devoir et d’abnégation, M. Duceppe, qui doit passer en deuxième dans cette chronique, sauvera peut-être le Bloc de l’anéantissement annoncé par les sondages.

Il faut aussi savoir gré à Mario Beaulieu d’avoir fini par admettre ce qui était écrit d’avance dès le soir de son étrange accession au poste de chef.

M. Duceppe a d’immenses qualités et mes convictions me font souhaiter qu’il connaisse du succès. Avouons cependant qu’il sera difficile de donner tort à ceux qui verront dans son retour une preuve de l’incapacité du Bloc à attirer des hommes de la relève avec la capacité requise pour être chef.

D’un autre côté, si la députation néo-démocrate du Québec ne fait plus rire, qu’a-t-elle apporté au juste?

Partielles

Quant aux élections partielles d’avant-hier dans Chauveau et Jean-Talon, il est difficile d’y voir autre chose qu’un désastre pour la CAQ et une autre preuve de la résilience du PLQ.

À un mois de l’élection générale de 2014, la CAQ semblait morte et enterrée, mais les formidables prestations de François Legault pendant les débats télévisés ont ramené le parti à la vie. Rien n’est écrit d’avance en politique.

Il reste qu’il est difficile d’être optimiste pour son avenir. Les députés qui la quittent sont parmi les meilleurs. Ses meilleures idées, on les lui vole. Dans Chauveau, la CAQ a reculé de 20 points par rapport à 2014.

Depuis sa création, le parti de M. Legault mise sur trois cartes: l’économie, la nouveauté et le rejet de la question nationale.

Les politiques d’austérité du gouvernement libéral déplaisent peut-être au FMI et aux syndiqués, mais ne semblent guère lui coûter des votes dans la région de Québec. Et le pire sera passé dans un an.

La carte économique est aussi dans le jeu du PQ depuis l’arrivée de M. Péladeau, pour autant qu’il reste lui-même. On voit donc mal comment la CAQ pourrait se démarquer sur ce plan.

Par définition, la deuxième carte, la nouveauté, perd de son attrait avec le temps qui passe.

Polarisation

Enfin, la question nationale a l’immense inconvénient d’être une carte dont la CAQ ne contrôle pas vraiment l’usage.

M. Legault peut bien souhaiter qu’on parle d’autre chose. Mais si M. Péladeau met pleins gaz vers la souveraineté et que le PLQ, en réaction, brandit le spectre référendaire, les électeurs voudront que leur vote compte et choisiront l’un ou l’autre des deux camps, quitte à se pincer le nez.

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