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Laïcité: Québec n'interdit que le voile intégral

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Québec renonce à interdire les signes religieux, à l’exception du voile intégral — comme la burqa ou le niqab — qui sera banni du secteur public.

Les services publics devront être offerts et reçus à visage découvert, en vertu du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État déposé mercredi à l’Assemblée nationale.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark
La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Le gouvernement Couillard va en deça des conclusions du rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables et n’interdit pas les signes religieux pour les juges et les gardiens de prison.

Tchador

Le tchador, ce voile sombre qui couvre le corps des femmes de la tête aux pieds à l’exception du visage, n’est pas non plus visé par les restrictions imposées par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

En 2014, Philippe Couillard parlait pourtant du tchador comme d’un symbole de l’oppression de la femme.

Le projet de loi n’interdit pas le port de signes religieux, comme le faisait la charte des valeurs du gouvernement Marois. «On ne légifère pas sur les vêtements», a précisé la ministre.

Le port du kirpan, ce petit poignard porté par les sikhs, n’est pas ciblé lui non plus par la nouvelle réglementation.

Les accommodements religieux devront néanmoins respecter certaines balises, comme l’égalité homme femme.

Municipalités exclues

Le projet de loi 62 s’applique aux ministères et organismes de même qu’aux réseaux de la Santé et de l’Éducation, mais pas aux municipalités ni aux écoles privées non subventionnées.

Garderies

Les centres de la petite enfance (CPE), les garderies privées subventionnées et les services de garde en milieu familial seront pour leur part soumis aux nouvelles règles.

Les éducatrices devront s’assurer que l’admission des enfants n’est pas liée à la pratique d’une religion. Elles pourront tout de même offrir des repas inspirés d’un régime alimentaire religieux.

Crucifix

Le texte de loi de la ministre Vallée préserve également le patrimoine culturel religieux du Québec. Le crucifix qui orne le Salon bleu de l’Assemblée nationale est là pour rester.

Discours haineux

Le gouvernement Couillard veut également lutter contre la radicalisation. Les auteurs d’un discours haineux ou incitant à la violence s’exposeront à des sanctions pouvant atteindre 10 000 $, en vertu du projet de loi 59 également déposé mercredi. En cas de récidive, les montants pourraient doubler.

Les messages haineux devront être diffusés publiquement pour faire l’objet d’une enquête de la Commission des droits de la personne. Les réseaux sociaux pourraient donc être visés par les mesures proposées par Québec.


Ce qu'ils ont dit:

La députée péquiste Agnès Maltais
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

«Le gouvernement du Québec refuse le consensus québécois. Le consensus québécois, c'était non seulement les services reçus et donnés à visage découvert, mais aussi, que le tchador était un symbole d'oppression de la femme».

Le chef caquiste François Legault
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

«M. Couillard est prêt à ce qu'un policier ait un turban, une kippa, une policière ait un voile. Je ne comprends pas pourquoi M. Couillard est aussi frileux de défendre les valeurs québécoises».

La députée solidaire Françoise David
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

«Nous aurions aimé que le projet de loi aille plus loin, repose davantage sur les consensus de la commission Bouchard-Taylor, en particulier sur l'interdiction du port de signes religieux pour les personnes en situation d'autorité»

L'ex-députée libérale démissionnaire Fatima Houda-Pepin
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés

«On parle de visages découverts, mais on permet le tchador. Il me semble que ce débat était derrière nous! Je pensais que tout le monde avait compris que les signes dégradants pour les femmes n’avaient pas leur place dans l’espace étatique»