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Un bac à ordures comme voisin d’hôpital

Des patients de l’Enfant-Jésus ont été installés sur des civières collées sur des ordures

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Des patients alités sur des civières collées à un bac à ordures: voilà le traitement auquel ont eu droit des usagers de l’hôpital de l’Enfant-Jésus, alors qu’ils attendaient à la sortie du bloc opératoire.

La situation a été captée à plusieurs reprises. Les photos obtenues par Le Journal montrent des civières collées sur le contenant à déchets, dont une avec un usager alité. Sitôt informée, Pascale Saint-Pierre, porte-parole au CHU de Québec, a déploré la situation. «Le fait qu’un bac de vidanges se retrouve là n’est vraiment pas l’idéal, dénonce-t-elle. Jamais des patients ne vont être couchés là, sauf pour le temps de récupérer les effets», affirme-t-elle.

Un espace alloué aux casiers des patients, à côté de l’accès au bloc opératoire, serait la solution, selon Mme St-Pierre. «C’était dans les projets, déjà, de rentrer les casiers à l’intérieur du bloc et en libérant cet espace, peut-être sera-t-il possible d’y mettre le bac», dit-elle.

Toutefois, après les démarches du Journal, cette semaine, la direction de l’hôpital n’a pas voulu attendre plus longtemps pour libérer l’endroit de l’indésirable bac. «Votre appel nous fait pencher sur des solutions plus rapides», admet la porte-parole.

Bac déplacé

Selon nos informations, le contenant à ordures a été déplacé à peine quelques heures après l’appel du Journal.

Par ailleurs, Mme St-Pierre précise que des civières peuvent se retrouver là lors de transfert de patients ou lorsqu’elles doivent être nettoyées. «Ça n’efface en rien le fait qu’un bac de vidanges qui se trouve à la sortie du bloc où l’on entrepose des civières, ce n’est pas la situation idéale», maintient-elle.

Selon Paul Brunet, président du Conseil de la protection des malades, la situation relevée à l’hôpital de l’Enfant-Jésus est sans doute un symptôme des compressions budgétaires en santé.

Délabrement

«Il y a un état de délabrement comme si on avait lancé la serviette face aux compressions budgétaires que nous vivons dans le domaine de la santé, fait-il remarquer. Je vois de moins en moins de monde motivé.»

Il déplore grandement que des patients et des civières se soient retrouvés «stationnés» à côté d’un bac d’ordures et rappelle que les employés et la direction doivent «montrer que c’est sérieux, ces lieux-là, et que l’on y fait attention».

Le syndicat des employés de l’entretien du CHU n’a pas pu répondre aux questions du Journal jeudi.